Les prochaines élections de l'UMP Martinique
Par Chantal Maignan le lundi, septembre 1 2008, 15:34 - General - Lien permanent
Les prochaines élections internes de l'UMP sont l'occasion de faire un bilan de l'action des responsables actuels du Parti.
Un panorama de l'évolution des différents partis n'est pas sans intérêt pour mesurer le recul politique de la droite martiniquaise.
Je suis persuadée qu'un pays qui n'a plus de discours contradictoire entre une droite et une gauche de progrès ne peut avancer, mais qu'au contraire il se réduit peu à peu à une politique réductrice où l'idéal républicain se délite : la liberté se restreint à la puissance incontestée de la pensée unique, l'égalité se métamorphose en égalitarisme oppressant, et la fraternité disparaît sous le masque hideux de l'intolérance à la différence.
Nous devons agir de toutes nos forces pour que la droite martiniquaise, républicaine et humaniste, libérale et sociale, continue à participer à la construction matérielle et morale de notre pays.
Les partis politiques ont des trajectoires plus ou moins longues et plus ou moins glorieuses, mais celles-ci sont toujours étroitement liées à l’engagement et à l’investissement des hommes et des femmes qui se dévouent pour leur fonctionnement et dont les convictions passent avant toute forme d’intéressement.
A la Martinique, alors que s’éteignait sans gloire le puissant RPR, faute d’avoir su trouver un souffle nouveau et miné par des querelles de personnes, la droite s’est engagée sur la voie de la rupture et de l’effritement tandis que la gauche, diverse et multiple se rassemblait pour prendre le contrôle politique du pays.
Le PPM essaimait ses Balisiers sur l’ensemble du pays, le charisme d’Alfred Marie-Jeanne donnait une crédibilité grandissante au MIM, le CNCP labourait inlassablement le terrain, aidé par une radio active.
La gauche se déclinait encore dans de nombreux partis communaux, comme « Bâtir le pays Martinique » au Lamentin, le Modemas de Garcin Malsa, le Palima de Francis Carole, le Mouvement franciscain de Maurice Antiste, le MLM ducossais de Philippe Petit, … et j’en passe.
Symboliquement la gauche accomplissait l’Union et de la sorte se renforçait tandis que la droite s’engageait durablement dans la voie de la division : l’Union pour la Majorité Présidentielle se retrouvait isolée, « Les Forces Martiniquaises de progrès » s’affranchissaient d’un parti qui ne voulait pas entendre la revendication martiniquaise de proximité et de responsabilité locale, « Osons Oser » faisait cavalier seul.
Le temps était venu pour la droite de préparer ses assises et de chercher à mener les troupes sur la voie de la Rénovation et de l’Unité. Mais ce fut le contraire : chacun s’est recroquevillé sur ses positions, menant une guerre des tranchées destructrices pour le mouvement. Ainsi la politique fut oubliée et le terrain déserté.
Le silence de la droite et la querelle des chefs ont laissé le champ libre à une gauche de plus en plus modérée qui avançait désormais sans complexes et gagnait la confiance d’un électorat attentif à celui qui occupe la scène publique. Les irréductibles gaullistes choisissaient l’abstention. La droite perdait peu à peu sa crédibilité, sa puissance politique et son influence. Ses mécènes naturels lui tournaient peu à peu le dos pour dialoguer et commercer avec les nouveaux patrons de la Martinique.
Si les FMP ont cru autrefois, arguant des 19 élus de leur association, recevoir la caution de l’électorat de droite, ils sont bien forcés aujourd’hui de reconnaître un bilan décevant et l’usure de la popularité de leur secrétaire général. Le résultat des municipales de 2008 est la lourde sanction d’une insuffisance d’engagement de toute la droite - UMP et FMP – dans la capitale martiniquaise.
De son côté, l’UMP voit son président perdre successivement les législatives, les municipales et les cantonales. Démissionnaire à Saint-Joseph, il n’a plus aucun mandat électif.
De plus l’absence d’organisation n’a pas permis au parti de soutenir les outsiders à Saint-Pierre, aux Trois-Ilets, au Robert. La querelle des chefs aboutissant même à une guerre froide de la droite contre la droite : Anicet Turinay contre Yan Monplaisir au gros-Morne ; Claudine Jean-Théodore contre Chantal Maignan au Robert. Pourtant ces deux conseillers régionaux sont membres de droit de l’UMP et aucune explication ne leur a été demandé ni aucune sanction prise à leur encontre.
Aujourd’hui nul ne peut nier l’hémorragie qui frappe les deux camps : les adhérents, lassés de l’inaction et des stratégies douteuses et contestables des uns et des autres, se retirent ; les militants désertent, l’électorat se recroqueville dans l’apathie et l’impuissance.
Moins de 400 adhérents à jours de cotisations à l’UMP qui en a compté autrefois 1200. Moins de 200 adhérents à FMP qui s’enorgueillissait de plus de 1000 jadis. Le bilan est lourd et l’avenir sombre car il semble que la droite soit incapable de changer radicalement de comportement politique : depuis l’élection enthousiaste de Nicolas Sarkozy qui avait galvanisé l’électorat, aucune stratégie n’a été pensée et réalisée pour maintenir ce réveil de la droite populaire. Le parti n’a été ni structuré, ni encadré, ni stimulé. Aucune réunion politique n’a été organisée pour présenter la feuille de route des uns et des autres sur l’ensemble du territoire.
Les élus de droite - tant dans la majorité que dans l’opposition - des différentes communes n’ont toujours pas été rassemblés pour organiser l’action sur le terrain et expliquer la politique sociale de Nicolas Sarkozy.
Rien, il ne se passe rien ! Sinon des AG post-électorales houleuses sur les mauvais résultats mais qui n’abordent jamais le fonctionnement de la fédération locale pour envisager sa restructuration.
Il a fallu une motion pour qu’un groupe de jeunes politiques puissent obtenir l’autorisation de se réunir en ateliers de travail puisque toute réunion est aussitôt perçue comme une OPA sur le parti et non pas comme la volonté de se mettre en mouvement et de faire enfin quelque chose.
Mais, organiser des ateliers dans un parti qui ne communique jamais en direction de ses membres, à quoi cela sert-il ? Ecrire des synthèses de réflexions sur des thèmes qui ne seront jamais présentées à notre électorat, à quoi cela sert-il ?
Déjà, les fiches argumentaires que nous adresse régulièrement Marie-Jo Rosemond ne sont jamais distribuées à nos adhérents qui n’ont pas d’email, voire à l’ensemble de la population. L’UMP Martinique n’a même pas un siège dans la capitale où les militants pourraient venir s’informer, se former et s’approvisionner en matériel politique.
Les voix nouvelles qui apportent un souffle nouveau et un espoir neuf sont immédiatement contestées et combattues. Il semble que le Parti appartienne non pas aux adhérents mais à des cadres qui lui refusent toute chance de redressement.
Aujourd’hui, à l’approche des élections de novembre, nous nous trouvons devant nos responsabilités : allons-nous continuer sur la même voie en reconduisant les cadres de notre parti, estimant leur bilan suffisant et leur action positive, ou allons-nous décider de changer radicalement de direction en permettant à une équipe nouvelle de proposer une autre façon d’organiser l’action politique de l’UMP ?
Les résultats de Novembre seront incontestables parce que la démocratie aura été respectée et la légitimité des futurs élus ne saurait être mise en cause, c’est pourquoi il importe que tous les adhérents soient correctement informés sur les programmes des candidats aux postes de cadres.
Les futurs responsables de notre fédération auront la lourde tâche de mener les troupes aux Régionales et aux Cantonales de 2010 : plus que jamais l’action sur le terrain devra être régulière, constante et soutenue.
La disponibilité, l’engagement, la force des convictions, le courage et la liberté politique face aux puissants patrons de gauche seront des atouts incontestables pour les prochains leaders - président et secrétaire départemental - de notre mouvement.
L’Unité de toute la droite devra être une détermination absolue.
Il en va de notre pérennité sur l’échiquier politique martiniquais.
Personnellement, je suis candidate à un poste de responsabilité dans notre mouvement et je voudrais connaître votre point de vue sur l’avenir de notre parti.
Je vous propose donc une échange cordial par mail dans un premier temps en attendant que je vous envoie les dates des réunions que je vais organiser sur l’ensemble de la Martinique pour une campagne d’information sur la politique de notre Président, Nicolas Sarkozy, sur la stratégie de reconquête de notre électorat, et j’en suis sure, nous redynamiserons les adhésions à nos convictions et à l’UMP Martinique.
Je vais également organiser une liste de soutien composée de tous ceux qui souhaitent le renouveau de l’UMP Martinique et qui encouragent ma candidature.