Allons, le rideau est levé et la pièce s’écrit dans l’exaltation d’une « improvisation » savamment orchestrée : le MIM et le MEDEF, main dans la main, saluent le bon peuple martiniquais et votent, ensemble, parce que « ensemble, tout est possible » le rejet de la loi d’orientation pour l’outre-mer (LOPOM).

« Les sodomies monstrueuses de l’HOSTIE et du victimaire » écrivait Césaire en d’autres temps … Un ange passe, les yeux voilés.

Et dans le cortège des noces nouvelles de ces deux puissants « ennemis » (?) réconciliés pour des intérêts différents mais un objectif commun : la défaite de la France « coloniale », bafouant la liberté et la dignité des uns, et celle de la République égalitaire, s’interférant dans les projections économiques et financières des autres privilégiés, se rangent dociles les invités passifs et muets.

Et le peuple sur les trottoirs, ahuri devant la démonstration de « puissance » des petites Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe enfin retrouvées, continue de s’interroger tandis que l’on joue son destin dans un bras de fer politicien : Mé la lopom sé ki sa ?

Parce que Ti Sonson a beau ouvrir ses oreilles et changer fébrilement de station radio, les journalistes, tout comme ceux que l’on interroge, restent bien vagues sur le fond. Madame Antoinise a beau chercher dans les nombreux articles ou compte-rendu d’interview complaisamment accordés aux divers magazines et autres quotidiens, rien ne vient apaiser sa soif de savoir et de comprendre ce qui met ainsi la Martinique – et la Guadeloupe venue en avion privé spécialement affrété – en émoi révolutionnaire.

Car personne ne semble capable d’expliquer en termes simples ce qui est en jeu dans les propositions de la loi rédigée par la France après amples consultations des élus et des socio-professionnels antillais.

Et se pose la légitime question : connaissent-ils eux-mêmes un texte qu’ils ont travaillé, retravaillé, amendé, corrigé, après moultes discussions ? Pas moins de 8 réunions à la Préfecture ! On en revient aux SMDE et à l’Agenda 21 : des écrits confidentiels qui ne sont connus que de leurs seuls rédacteurs. Sinon, pourquoi se déjugent-ils ?

Et on entraine le peuple dans des errements politiques et des alliances inédites en estimant que la confiance doit régner, imposée par l’autorité sans partage du chef. Et même lorsque la raison cherche à rappeler que la puissance du Président de la Région lui vient du budget alloué par l’Etat français et par nos propres contributions via les impôts directs et indirects, que cette puissance est aléatoire, et devient nulle si l’Etat français décide de jouer autrement la partie politique, l’on se met à rêver, travaillé par la pensée d’une Révolution historique : Nap suposé Matnik ginyin la Fwans ?

Sans doute faut-il s’extirper de cette exaltation d’un rendez-vous historique raté et rejoué sans cesse dans des avatars de plus en plus pitoyables, revenir sur terre et répondre à la question que se pose aujourd’hui chaque citoyen martiniquais : que propose cette fameuse Lopom ? On parle bien sur de sa dernière version, celle de juin, et que ne connait pratiquement aucun des élus politiques qui ont voté néanmoins son rejet.

Puis, il faudra ensuite expliquer les raisons du refus de la Région. Encore faudra-t-il que le Président accepte de justifier sa décision !

Puis entendre les motivations du MEDEF et de Celui qui croit pouvoir lui dicter sa conduite.

Mais pourquoi diable le MIM a-t-il dénoncé les effets pervers de la défiscalisation en usant du terme génocide pour conspuer aujourd’hui un texte qui vise à les juguler ?

Puis sans doute le micro pourra-t-il être tendu aux différentes chambres consulaires qui exposeront leurs motifs et considérations.

Car « chat en sak » c’est démodé : les Martiniquais ont le droit d’être informés et personne ne peut décider à la place du peuple ce qui est bon pour l’avenir et le développement de la Martinique : ni les englués de l’idéologie séparatiste, ni les affamés des aubaines économiques. Et notre peuple doit-il passer du maître esclavagiste au gourou idéologique trouvant appui sur le capitalisme égoïste pour servir sa cause ? Vous avez cru que l’indépendance, c’était du pipeau ? Sans doute !

Nous préférons expérimenter un neo-colonialisme à l’inverse. La Fwans : jounou en tè ! Elève Jégo : zéro pointé pour la mauvaise copie malgré toutes les bonnes idées que nous vous avons proposées ! Peut mieux faire ! tancent les plus généreux, le doigt pointé.

Macaquerie dans la mascarade !

Mais nous sommes en plein dans la phase finale de la magistrale leçon de politique d’Alfred Marie-Jeanne. L’Histoire le classera au rang de nos héros révolutionnaires. Vive Delgrèèèèès !

Et nous savons si bien nous lamenter …