Réponse à un soi-disant - militant de l'UMP
Par Chantal Maignan le lundi, juin 30 2008, 19:14 - General - Lien permanent
Dans un article paru dans Antilla, un adhérent de fraîche date à l'UMP (mai 2008) après s'être distingué par ses activités de gauchiste aigri, procède à un véritable lynchage sur ma personne.
Mettant en avant avec force redite mon âge canonique, plus de cinquante ans, ce moins de trente ans estime que je n'aurais pas le droit de dire en politique mon point de vue sur le fonctionnement de mon propre parti.
Son extrême jeunesse doit sans doute rendre indulgent pour son manque d'éducation et de culture politique - il enterre allègrement Marius Stéphanie Victoire, ancien maire du Robert - et il oublie que l'électorat qui se rend encore aux urnes est majoritairement féminin, de plus de cinquante ans !
Mais je crois que ce jeunôt mérite une réponse appropriée à sa diatribe haineuse.
Monsieur Eutrope,
Sans doute eut-il fallu traiter par un silence éloquent vos propos haineux à l’évidence, et inacceptables sans aucun doute, tant sur le fond que sur la forme. Mais puisque vous avez prétendu être un « militant UMP », je ne peux vous laisser donner une image si détestable d’un parti qui ne vous connait pas et que vous ne connaissez que d’hier - votre adhésion ne datant que de mai 2008 - en donnant à la Martinique le spectacle pitoyable de votre petitesse morale et de votre inculture politique et le faisant sous l’étiquette UMP.
Car en effet, comment imaginer que ayez pu, de votre propre chef, écrire et publier cet article sans l’autorisation de celui qui « cultive chez vous l’amour du travail, le sens des valeurs, le respect d’autrui (sic !), le goût de la réussite pour soi (re-sic !) et pour notre pays Martinique et … la modestie » A moins que vous ayez cru devoir faire un excès de zèle ! Quel exploit !
De toute évidence, vous placez là le président de l’UMP Martinique dans une posture bien délicate ; car s’il ne dit mot – et cet article a choqué bien des militants et de très nombreux électeurs de droite déjà déçus par l’UMP – c’est qu’il consent ; or l’image que vous donnez de la droite est celle d’un parti où nul ne peut exprimer librement son opinion sur le fonctionnement politique interne, l’absence d’actions et de perspective, le choix des leaders et des cadres.
Un parti monolithique où un seul chef aurait droit à la parole et où les personnalités qui chercheraient à exister et à s’exprimer seraient immédiatement mises au pilori par le soin de secondes mains.
Mais, puisque vous avez eu l’extrême courtoisie de rappeler, en la mettant largement en évidence, notre différence d’âge – et les électrices de la Martinique seront sensibles, je n’en doute pas, à votre perception des « quinquagénaires » comme vous l’écrivez si délicatement – vous comprendrez que je sois surprise de votre familiarité. Permettez-moi d’en rester à la réserve que vous avez désormais placée entre vous et moi car nous n’avons vraisemblablement pas le même sens des valeurs.
Je vous rappelle monsieur que je suis une candidate et aujourd’hui une élue de l’opposition, ne vous en déplaise. Ce qui signifie que des électeurs ont rendu légitime ma parole et souhaite entendre mon point de vue sur la politique en général, et en particulier sur le parti auquel ils adhèrent, ou pensent adhérer, moyennant finances, ce qui leur donne de droit de savoir ce qui s’y passe.
J’ai donc le respect de mon électorat, tant celui du Centre qui m’a accordé sa confiance aux législatives que celui du Robert pour les municipales, quand je propose ma lecture de la politique telle qu’elle se fait actuellement. Ce ne sont pas les électeurs qui nous appartiennent en effet, mais c’est nous qui leur appartenons et nous ne devons les décevoir ni en nous dérobant à nos devoirs, ni en manquant de courage par peur de déplaire au chef et à ses amis.
Car qui a lu mon article a compris que je ne m’attaquais ni à l’âge, ni à la personne, ni à la profession des leaders de droite, mais que je réclamais des bilans et des positions morales, en faisant un constat que nul ne peut réfuter. Mais il est vrai que vous êtes un « militant » de la dernière heure et que la politique vous est encore étrangère.
Je note par exemple que vous enterrez bien vite mon oncle, le très vivant Marius Stéphanie Victoire, ancien Maire du Robert, et que vous n’avez rien compris à ce qui s’est joué au Robert puisqu’une élue régionale FMP siège sans état d’âme à droite à la Région et à gauche à la mairie.
Et toujours dans la confusion, vous croyez que le droite robertine est UMP ? Elle n’est d’ailleurs pas plus FMP et le devient encore moins depuis que ce parti est devenu illisible dans ses stratégies : mais elle est gaulliste, identitaire, anticoloniale et libre ; libre de ses choix et de son candidat. Comme vous avez encore à apprendre !
Je note de plus que vous m’attribuez la « maternité » des titres des media « jeune et rénovatrice » et que cela vous met dans un état de frustration et de colère surprenant. Pour un fin critique, comme vous aimez vous présenter, je suis surprise de votre lecture au premier degré …
Jeune ! … en politique, surement ! Seulement un an depuis ma première adhésion à un parti politique et Dieu sait que j’ai arpenté les rues de Trénelle ; mais sans vous. Aucun militant de ma très active équipe ne se souvient de vous. Vous n’étiez pas encore UMP aux présidentielles et encore moins aux législatives. Je vous laisse donc volontiers l’extrême jeunesse, en âge et en engagement politique.
Rénovatrice ! … sans aucun doute : rarement il a été entendu un discours de droite articulé sur la responsabilité locale et la revendication identitaire. Rarement à droite, il a été aussi clairement affirmé que le développement économique ne devait pas être l’otage de la lutte – indispensable - pour la dignité et la responsabilité.
Mais je comprends que vous auriez aimé avoir l’exclusivité de ces deux mots puisque vous faites partie depuis un petit mois de ce groupe de jeunes rénovateurs de l’UMP où il y a « une réelle dynamique, avec le soutien actif de Yan Monplaisir ». Je vous cite. Dans ce cas, pourquoi a-t-il fallu demander aux militants de voter une motion pour donner au groupe une légitimité et imposer le désir d’agir ?
Et c’est sans doute cette légitimité qui vous autorise aujourd’hui à prendre plume pour un lynchage en règle sur la personne de l’élue politique que je suis devenue aujourd’hui et qui semble déranger par son franc-parler. A quand le prochain qui osera critiquer le fonctionnement du parti ?
Et modeste sans excès : mais n’est-ce pas le Président de l’UMP lui-même qui affirme que toute ambition est légitime ?
Je persiste donc et je signe :
Oui, un électorat de droite existe. Non, il ne se reconnaît pas dans les leaders actuels de la droite parce que le fonctionnement des partis est erratique.
Oui, l’UMP n’est pas encore un parti actif dans la réflexion, la communication, et le travail de terrain, avec tous ses militants et vers tous ses électeurs. Même constat pour FMP.
Non, l’attitude actuelle des FMP n’est pas acceptable quant à leur élue du Robert.
Oui, je me revendique d’une droite identitaire, anticoloniale quand cela est rendu nécessaire, républicaine convaincue et libre de choisir le meilleur de ce qui est possible pour le développement de la Martinique.
Oui, je suis absolument pour le rassemblement de la droite populaire martiniquaise, toutes tendances confondues, et ce n’est pas en prétendant faussement que les FMP sont des départementalistes convaincus pour les marginaliser, car la consultation de décembre n’est pas un paramètre valable, à moins que vous n’y ayez rien compris, que vous travaillez à rassembler la droite.
Apprenez-donc monsieur à gérer votre jeunesse et votre fougue intempestive. Car agissant de la sorte vous jetez le discrédit sur la démocratie interne d’un parti pour lequel vous n’avez encore versé aucune goutte de sueur ou de sang.
Etre autorisé par son président sur le tarmac pour y recevoir un ministre ne donne à celui de moins de trente ans - et qui se cherche encore dans la confusion des genres - ni l’autorité ni le charisme pour attaquer celle qui affronte les batailles électorales à cinquante ans !