Au bout d’un petit matin enfanté en douleur, Le nègre des malheurs déverse sur le peuple le feu d’un héritage ! Brûlent la peau, les yeux noyés d’une vieille eau, le cœur saisi à vif, brûle en nous l’incandescente lave …

Et la mort du Rebelle nous relève en naissance à construire. Debout ! Debout en nègre dignité.

Est-il en nous encore le goût de l’amertume et de l’ennui en pays plat ? Où sentons-nous, sous nos palais frottés de rugueuses papilles, sourdre les arômes de cette terre embrasée et pressée de nos impatiences à être, dans l’émergence d’une parole modulée en audible conscience ?

Et la voix du Rebelle nous élève en discours à construire. Debout ! Debout en nègre dignité.

L’avons- nous enchâssée dans la magnificence de nos fécondes imaginations, sommés que nous fumes de produire la succulence de nos fruits ? Et savons-nous trier des souffles croisés qui nous assaillent les seuls échos qui nous revoient à notre irréductible intégrité ?

Et le grain du Rebelle lève en nous, ferment d’une humanité à construire. Debout ! Debout en nègre dignité.

Ta colère m’a nourrie et portée aux indignations farouches et salutaires, J’ai haï tous les Maîtres …

Ton amour m’a grandie et menée aux explorations irréductibles de toute liberté, J’ai aimé tous les Justes …

Tu as lavé mes yeux de toute duperie, tu m’as montré du doigt une route à dégager un monde à inventer, une histoire à créer …

Et toujours le front droit et l’œil fier, détruire dans le feu des volcans éruptifs, les lâches tyrannies des pouvoirs aliénés.

Chantal Maignan