Les commerçants et les riverains du centre ne cessent de se plaindre des incivilités et des agressions verbales des jeunes désœuvrés installés à proximité de leurs établissements, voire jusque sur les marches de la mairie, et qui imposent aux passants la loi de leur présence menaçante. Souvent sous l’emprise de l’alcool et de la drogue, qu’ils fument publiquement en toute impunité sous les yeux des élus indifférents ou impuissants, ils étalent, à la vue de tous, le double échec de la politique menée par la municipalité actuelle : l’incapacité de leur proposer un travail et une vie décente autant que celle de leur imposer une réinsertion sociale et le retour à la dignité humaine.

Ce double échec a conduit à la fermeture de nombreux commerces dans le bourg et dans les quartiers et la montée de l’insécurité sonne le glas des ultimes résistances : la clientèle, peu désireuse d’ennuis, se faisant de plus en plus rare, préférant le centre commercial, miraculeusement préservé de ce fléau, et sacrifiant ainsi le contact convivial offert par les petits commerces. La conséquence la plus tragique de l’inaction de la ville est la mort progressive des centres de vie urbains et ruraux : parfois, dès neuf heures du matin, le Robert affiche ville morte ! ; toujours, après la sortie des écoles, les rideaux métalliques se baissent : la ville s’endort dans le sommeil des vaincus et la pétrification des inutiles.

Que disent les chiffres ?

En 2006, 450 affaires de vols ont été traitées par la gendarmerie : vols simples, cambriolages, vol à la roulotte et vols de véhicules. Ces chiffres ont augmenté en 2007. Les violences étaient au nombre de 80 en 2006 ; aujourd’hui elles dépassent la centaine. Les affaires liées aux stupéfiants sont aussi en augmentation. De manière générale, la délinquance (865 affaires en 2006) est aujourd’hui en hausse.

Que font les responsables de la sécurité ?

Pourtant le Robert a été une des premières communes à se positionner en faveur de la lutte contre l’insécurité allant jusqu’à signer en 1999 un contrat local avec les services de l’Etat et à embaucher 9 médiateurs.

Que sont-ils devenus ?

Faute de sérieux et de convictions, cette politique a essuyé un terrible revers et ce personnel n’existe plus au Robert, alors qu’elle a prospéré au Lamentin, Fort-de-France et Schoelcher.

La police municipale compte 9 agents mais ceux-ci sont mal formés pour l’intervention particulière sur les délinquants toxicomanes et hésitent à intervenir par peur de représailles.

La gendarmerie dispose de 18 hommes dont 3 adjoints volontaires pour une population qui avoisine aujourd’hui les 25 000 personnes. Elle assure une à deux patrouilles de permanence jour et nuit, intervient à toutes les sollicitations, et peut recevoir le renfort, en cas de nécessité, des autres patrouilles du département.

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Cette situation qui devient chaque jour un peu plus explosive résulte d’une double erreur de gestion communale : d’une part la ville s’est engagée dans une politique de construction sociale trop importante pour sa capacité à la gérer financièrement et qu’elle ne l’a pas intégrée dans une politique de mixité sociale et d’autre part, elle n’a rien fait pour développer l’économie et l’installation des entreprises sur le territoire.

Le résultat est qu’elle a réuni tous les facteurs de l’insécurité : ghettoïsation, chômage, oisiveté, précarité, ennui, absences de repères et de modèles positifs, fragilité psychologique, démotivation …

La ville du Robert s’est en effet engagée sur la voie d’une importante politique de construction de logements sociaux mais sans se préoccuper de l’organisation sociale des familles qui y seraient installées. Ainsi, elle n’a offert que des dortoirs à des groupes humains déracinés et souvent installés dans des lieux transformés en ghetto compte-tenu de l’inexistence de transports publics. Elle n’a pas choisi de mettre en œuvre une politique d’accueil et d’intégration des nouveaux arrivants tout comme elle n’a pas compris qu’il fallait leur donner les moyens d’apprendre à se connaître et à vivre ensemble.

Tout leur manque en réalité :

un jardin public pour les enfants qui jouent dans les parkings entre les voitures ; un jardin commun pour les adultes qui peuvent y planter leur potager, retrouver une ruralité perdue (surtout les exilés de quartiers en zone rouge et qui ont été contraints d’abandonner des lieux de vie familiaux non sans une douleur évidente) et apprendre à vivre avec de nouveaux voisins ; une halte-garderie pour enfants et personnes âgées, voire une crèche de proximité ; une maison pour tous avec une bibliothèque, du matériel informatique et un soutien scolaire le soir pour les enfants, une formation pour les adolescents et surtout un lieu de convivialité autours de valeurs discutées et partagées lors d’animation régulières organisées avec des intervenants qualifiés ; des loisirs de groupe avec les associations soutenues par la ville.

Il faut encore donner à tous le moyen de vivre décemment, de rêver et de concrétiser ses espérances : seul le développement économique de la ville et l’amélioration des lieux de vie, le front de mer, les centres névralgiques des gros quartiers, peuvent apporter les conditions d’une existence équilibrée. Mais là encore c’est le devoir de la ville d’utiliser toutes les compétences des Robertins et le potentiel de cette magnifique commune. C’est notre devoir et c’est notre volonté pour l’année à venir : le 9 mars, c’est le signal d’un autre choix, le départ sur d’autres voies : Travail, réussite, récompense pour tous.