La ville du Robert est-elle bien gérée ?
Par Chantal Maignan le samedi, décembre 22 2007, 10:14 - General - Lien permanent
Cette question est légitime tant il est vrai, qu’à la simple observation visuelle, la ville du Robert (23 117 habitants) semble être victime d’une mauvaise gestion qui la fait sans cesse régresser, la mettant désormais en queue de classement des villes de la Martinique, alors qu’elle est la 3e en nombre d’habitants avant Schoelcher (20 908 h) et Sainte-Marie (20 218 h).
Que disent les chiffres ?
Des finances communales sinistrées :
En 2004, la sous-préfecture de Trinité mettait en garde la commune : il manquait 5 millions d’euros dans la caisse pour payer les factures, les salaires et rembourser les emprunts.
Elle dénonçait le surendettement de la ville : le Robert est la commune la plus endettée de la Martinique en euros par habitant et est dans l’impossibilité de dégager les moyens d’investir. C’est pourquoi la dépense d’investissement n’a cessé de décroître depuis 2001 : de 385 euros par habitant, elle n’est plus aujourd’hui qu’à 111 euros par habitant, soit le chiffre le plus faible de la Martinique.
75% du budget de fonctionnement sont consacrés au paiement des salaires et au remboursement de la dette de la ville, de telle sorte que jusqu’en 2004, la municipalité empruntait pour payer les dépenses courantes.
A titre de comparaison, les salaires ne représentent que 51% du budget à Sainte-Marie et 48% à Trinité alors qu’au Robert la masse salariale est de 64%.
De plus, les Robertins subissent un taux de pression fiscale parmi les plus élevés de la Martinique : 97 % du potentiel fiscal alors que les Villes de Trinité et du François en sont à 70 %.
S’agissant enfin du subventionnement des projets, si la commune jouissait encore d’une certaine crédibilité en 2001, avec un taux de subventionnement de 38%, elle n’est plus aujourd’hui qu’à 13% lors que les autres communes reçoivent entre 25 et 50% de subvention : cela signifie clairement que la municipalité ne présente pas de dossier ou ne sait pas faire avancer ses dossiers auprès de l’Etat et des collectivités.
Commentaire :
A l’évidence, la commune du Robert souffre aujourd’hui d’une insuffisance de crédibilité : la municipalité en place n’a su ni préserver un capital de confiance et de moyens auprès des investisseurs, ni préparer l’avenir en poursuivant un projet de développement cohérent pour la ville.
Comment redresser la situation ?
1. Retrouver une crédibilité financière sur la base d’un solide projet global
2. Investir sur des infrastructures porteuses de richesses
3. Elaborer des partenariats publics et privés pour amorcer la croissance
L’équipe municipale en place peut-elle le faire ?
Depuis 6 ans, la politique de la ville du Robert est incohérente, source de gaspillage et d’appauvrissement avec le faux prétexte de faire du social puisque les populations les plus fragiles, abandonnées dans des maisons précaires ou parquées dans des logements sociaux transformés en ghettos, sont livrées à elles-mêmes, sans infrastructures, sans transports, sans politique économique, sans activités de loisirs et d’intégration et surtout sans solidarité communale, notamment après le cyclone et le tremblement de terre.
L’organisation de la Mairie elle-même témoigne de l’incapacité à rassembler les forces et les compétences : éclatés, dispersés, sous-encadrés, les services communaux ne remplissent ni leur rôle ni leur fonction et les administrés ont un profond sentiment d’abandon et de mépris d’une édilité qui les ignore et ne fait rien pour eux.
Les employés municipaux sont les premières victimes de cette désorganisation des services : pas d’organigramme, pas de plan de carrière, pas de plan de formation, de titularisation,… et ils souffrent d’une image négative auprès de la population.
Bilan :
Seule une politique volontariste basée sur la compétence et la détermination à développer la ville au profit de tous les Robertins peut arriver à redresser la situation.