Le plan anti-glandouille
Par Chantal Maignan le vendredi, octobre 5 2007, 13:12 - General - Lien permanent
Il faut d’abord distinguer le plan anti-glandouille de la lutte contre la délinquance et la réinsertion sociale même s’il arrive que les deux publics se confondent.
Considérons d’abord le plan anti-glandouille c’est-à-dire le refus de l’inaction pour des jeunes que le système scolaire n’a pas su ou n’a pas pu intégrer à la vie de la cité.
Tout d'abord, et contrairement aux puritains bien-pensants qui s'offusquent d'un rien, j'aime bien l'expression anti-glandouille parce que tous nous avons plus ou moins glandouillé au moins une fois dans notre vie. Et j'aime cette prise d'initiative, parce que glandouiller ce n'est pas drôle quand on n'a pas le choix et que cela devient une activité à plein temps.
Donc il faut redonner de l'activité (sinon du travail) à tous les jeunes qui ne sont plus dans le système scolaire ; une activité qui soit valorisante, formatrice (y compris en termes de valeurs) et qui insère socialement, en attendant de pouvoir leur donner une activité professionnelle.
Toutes les initiatives pour occuper les jeunes sont donc acceptables : depuis celles proposées par les associations de loisirs à celles qui émanent des centres d’insertion sociale.
Le bon sens invitant à ne plus proposer aux jeunes de la consommation de pré-fabriqué mais à leur permettre de construire et de mener à bien des projets qui les motivent.
Mais aucun projet n’aboutira si tous les acteurs de la société ne reconstruisent au préalable une relation de partenariat et de confiance réciproques :
Les parents sont indispensables si les jeunes vivent encore dans un contexte familial. Eux-mêmes ont souvent besoin d’encadrement face à une société et des comportements qui les dépassent.
Propositions d'un internaute que personnellement je trouve très intéressantes et que je vous invite à compléter :
1.L'instauration de la "Semaine Martiniquaise" pour la Martinique et la "semaine Guadeloupéenne" pour la Guadeloupe, c'est une semaine que tout jeune de 12 à 16 ans filles ou garçons va devoir consacrer à son île. Cette semaine pourrait comprendre des micro formations attrayantes sur la connaissance de leur milieu et de leur société, l’histoire et les mutations identitaires, la prévention des risques naturels majeurs, les usages de la vie en société, les différents protocoles de la relation humaine … En somme une semaine de développement personnel avec ses propres règles.
2.La conversion d'une partie du RSMA en Sécurité civile, ce qui permettrait de former nos jeunes aux métiers de la sécurité civile un peu comme à Brignoles dans le Var. Après, s'ils veulent, ils pourront travailler dans le privé ici ou ailleurs. De surcroit étant donné les risques sismiques et cycloniques qui pèsent sur les iles, cela nous permettra d'avoir une jeunesse prête à intervenir pour le bien de la communauté. C'est aussi un parcours de "responsabilisation".
3.Le lancement de groupes de parole et d'actions intergénérationnels et inter-quartiers, de façon à "modifier" les regards et "casser" les stéréotypes que certains "vieux" véhiculent à propos DES jeunes et que certains jeunes véhiculent à propos DES vieux. Ces stéréotypes créent la rupture des transmissions et rend la communication très difficile. Nous aurons du mal à construire quoi que ce soit dans une société ou jeunes et vieux se regardent en "chiens de faïence". Le parrainage, que je préfère nommer "le référent" a un rôle important a jouer dans cette "réconciliation".