Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’Education nationale
Par Chantal Maignan le jeudi, octobre 4 2007, 02:43 - General - Lien permanent
La rumeur a pris le chemin des écoliers ; elle parcourt les mornes et les vallées enflant à chacun des affluents où elle se nourrit des certitudes de ceux qui ne doutent pas …
Vous connaissez le danger de tout ce qui, dans une course incontrôlable, grossit les ruisseaux ténus des indignations trop longtemps retenues, enfle et devient torrent de lave incandescente, avalasse de colères populaires …
Aussi rassurez-moi, rassurez ceux qui ont entendu notre président affirmer tout au long de sa campagne son respect des peuples et des cultures qui fondent la diversité et la richesse de la France.
Moi la première j’ai entendu que tous les Français connaitraient toute l’histoire de France et moi la première j’ai entendu Nicolas Sarkozy répéter à chacun de ses discours publics à ceux qui l’ont soutenu et accompagné jusqu’à la victoire : je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas.
Ainsi, nous avons cru dans un nouveau regard sur l’histoire de la France, dans l’acceptation des pages sombres comme des pages lumineuses, dans la responsabilisation des consciences pour que surgisse triomphalement le « plus jamais ça » : nous avons cru que l’histoire et les sciences humaines se donneraient enfin la main pour que la question de l’esclavage soit à l’étude dans les écoles de France, de toute la France.
Personne n’écrira à notre place ce que nos ancêtres ont vécu et les conséquences psycho-sociologiques dramatiques des campagnes de la propagande coloniale qui a obscurci le regard des hommes des deux côtés de la ligne des « races ».
Le temps est venu de considérer l’histoire de notre point de vue aussi.
Monsieur le Ministre, j’ai besoin de réponse :
Est-il vrai que l’esclavage n’est plus un sujet d’étude et de réflexion à l’école de la France ?
Et si votre réponse, dont l’indignation ne saurait être pour moi qu’une source infinie de satisfaction, est celle que je crois, alors permettez une autre question : les Antillais sont-ils les acteurs d’une pédagogie propre à leurs espaces et participent-ils à l’élaboration de la version enfin digne d’une Histoire à raconter comme une épreuve révélatrice de la fragilité de notre civilisation ?