Comme je vous l'avais annoncé, mes amis, notre rentrée politique sur le terrain se fait ce jour.

La France s'est engagée dans un vaste mouvement de réformes qui doivent la conduire à la modernité, c'est-à-dire à une pragmatique. Ses institutions doivent s'adapter à la réalité contemporaine de même que ses valeurs doivent se réaffirmer au contact de faits de société sensibles et complexes.

La Martinique pour sa part a aujourd’hui la claire responsabilité de ses engagements et de sa volonté d’évolution économique, identitaire, politique.

Nombre des réformes envisagées par le gouvernement concernent notre île :

La Zone franche globale d’activités qui permettra le démarrage d’une économie locale, adaptée à nos possibilités, favorisant l’entrée des jeunes dans le champ de l’entreprise et la prise en compte de leurs projets, souvent innovants et porteurs.

La réforme de l’université qui mettra enfin en dialogue le monde de la formation supérieure et le monde du travail, le public et le privé, trop longtemps – et inutilement- méfiants réciproquement.

Le grenelle de l’Environnement qui permettra la responsabilisation des pollueurs et la révolution agricole dont la Martinique a vitalement besoin.

La réorganisation de la vie dans les cités et la mise en valeur du potentiel de tous les jeunes dans des activités formatrices tant au plan professionnel qu’au plan des valeurs républicaines et citoyennes.

Mais nous avons-nous aussi des propositions pour la nation tout entière comme la décolonisation des esprits des Français de souche, encore victimes et héritiers des campagnes de propagande de l’époque coloniale, l’ouverture vers l’Autre sans le reniement de sa propre identité, la transmission des valeurs patrimoniales, le respect des langues et des cultures régionales …

Et toutes celles que vous avez en tête et que je vous demande de partager avec moi qui les transmettrai au gouvernement.

C’est pour cela, mes amis, que nous pouvons et devons aborder tous les thèmes qui concernent notre pays, au-delà même de notre île, car la mondialisation nous a mis en relation les uns avec les autres ; les rencontres et les expériences personnelles nous ont engagés sur la voie d’un métissage que rien ne peut endiguer.

Il nous appartient donc de construire ensemble le futur de cette France multiple.

Sans passion mais sans sensiblerie nous devons examiner les difficultés de la Martinique jusque dans l’organisation de notre identité martiniquaise. Il n’y a rien d’ignoble à vouloir être soi y compris dans la Caraïbe qui nous ressemble tellement mais sans être nous.

Le pire de nos ennemis c’est notre propre faiblesse voire notre propre paresse.

Bon courage donc à tous et en avant.