Le temps de la rupture avec tous les archaïsmes ?
Par Chantal Maignan le lundi, août 13 2007, 02:25 - General - Lien permanent
Le temps du débat concret est enfin venu : les partisans des différents partis politiques, les non politisés mais de sensibilité partisane, les apolitiques non indifférents ne doivent pas faire l’économie d’une fructueuse confrontation de points de vue. L’avenir en effet se dessinera aux choix que nous ferons aujourd’hui.
Le projet martiniquais, social et économique, écologique et éthique témoignera de la sincérité des acteurs politiques à vouloir protéger l’identité et la dignité martiniquaises, concrétisant ainsi bien des envolées (lyriques ?) des campagnes électorales.
Les réformes annoncées sont le point de départ d’une interrogation morale majeure :
ne sommes-nous en rien complices du système, dénoncé comme colonial par certains, qui perdure ?
Avons-nous réclamé au sein même de notre espace les inégalités fondatrices qui divisent encore notre société créole ou nous arrogeons-nous le droit de critiquer la France, ex-esclavagiste tout en lui refusant le droit à la parole sur notre propre duplicité à accepter encore les situations d’apartheid.
Mais, tant qu’il y aura un bouc émissaire, la France honnie mais utilisée pour son argent et ses perspectives d’évasion quand le pays se fait trop petit ou trop mesquin, les vrais problèmes d’une impossible construction identitaire – et politique – demeurent.
Ce peuple en quête de lui-même dans une perpétuelle errance, dépression désorganisée de tempêtes et d’orages, fera-t-il enfin son mea culpa et entamera-t-il le chemin vers la rédemption.
Mais il faudra d’abord mettre un terme à toutes les impostures du métissage et de la duplicité : faire témoigner le sang et dire enfin qu’il n’y a de pureté que dans l’art mais point dans le commerce des hommes.
Ainsi sera rassemblée la grande famille des ovins dans le même sang reconnu : békés (biquets), câpres (chèvres) et chabins (moutons) et proclamé l’avènement du culturel : la culture, la langue et l’esprit créoles.
Il restera encore à réconcilier les hommes et les femmes en réfutant avec ferveur l’abjection du « partus sequitur ventrem », instituant la matrilinéarité forcée et la castration symbolique des mâles et toutes les lignes infranchissables seront gommées pour que naisse enfin le pays Martinique.