Siméon Salpétrier, dans un article édité par FA en date du mardi 19 juin 2007, manifeste à l’évidence, et une fois de plus, un esprit étroit et partisan bien incapable d’analyser les situations politiques contemporaines et d’y apporter des hypothèses de stratégies politiques, en faveur du développement économique pour sortir de la misère sociale (car c’est bien là l’ambition politique, si je ne m’abuse, plutôt que la seule verrition d’une parole inutile !) qui pourraient convenir à l’ensemble des citoyens martiniquais.

Je propose à Monsieur Salpétrier de réfléchir à la mise en pratique d’actions positives en faveur de la Martinique plutôt que de ressasser la sempiternelle rengaine du colonisé qu’il continue d’être et je lui conseille de cesser d’affirmer des vérités pour le moins ridicules : je ne me sens en aucune manière ni colonisée, ni ex-colonisée et la traduction « discrimination positive » est l’équivalent compréhensible de « affirmation act » comme on le sait ; de plus affirmer qu’il convient d’opposer encore les valeurs d’une gauche (libre ?) à l’inféodation de la droite ( !) relève, me concernant, d’un ridicule que beaucoup de ceux qui ont suivi ma campagne apprécieront.

La « candidate martiniquaise de droite » que je suis, « universitaire de mon état », rappelle donc qu’il n’y a aucune vexation dans l’expression « discrimination positive » mais sans doute une maladresse de traduction. Néanmoins l’oxymore (rapprochement de deux termes de sens opposés) a l’avantage de mettre en évidence le nécessaire rééquilibrage de la société française qui a pratiqué trois siècles de discrimination négative (pléonasme volontaire) à l’égard des Noirs, esclaves puis citoyens de seconde zone dont il est temps d’admettre aujourd’hui, par certains Blancs et certains békés, l’entière égalité.

L’erreur politique de Salpétrier, comme celle de la gauche Martiniquaise d’ailleurs, est de mêler allègrement Revendication identitaire et Stratégie politique.

Mais c’est peut-être une « erreur » volontaire qui permet à un discours indépendantiste suicidaire de se développer en faveur du leader du MIM.

Pour ma part, mais c’est sans doute parce que je suis une Française des Amériques et par là-même une créole, je n’ai aucune difficulté à être à la fois de droite et farouchement déterminée à lutter en faveur des miens au sein de la République, en ne me sentant ni inféodée ni dominée.

Mais parce que je suis essentiellement libre depuis 1848, je n’accepte non plus aucune inféodation ni domination à l’intérieur de mon pays, ni celle de la pensée unique d’une certaine gauche, mal dans sa peau de citoyen français, ni celle d’une domination populiste.

Ce billet a néanmoins un double avantage : d’une part que la droite, en tout cas par ma voix, retrouvera un droit audible de réponse à chaque fois que des contre-vérités seront proférées, et d’autre part qu’il est temps que le débat démocratique revienne dans la réflexion politique, toutes tendances confondues, pour clarifier les notions de droite et de gauche à la Martinique pour que les décisions à venir le soient en faveur de tous les Martiniquais.

Mais il est vrai que (en tous cas je l’espère) devenus députés de la République, désormais au dessus des considérations égoïstement partisanes, nos quatre parlementaires agiront fermement pour le peuple martiniquais dans son ensemble !