Poème lu le 22 Mai 2007 au diamant
Par Chantal Maignan le mardi, mai 22 2007, 15:10 - General - Lien permanent
Paradis exotique
J’ai parsemé d’étoiles le sol aride et dur
Et j’ai gonflé ma voile à la surface des eaux pures
Apprivoisant dans la sueur cette paume de terre, ces lèches de mangroves
Avoisinant dans la terreur ces bêtes longues aux crocs d’agonies fauves
J’ai lancé des pluies pourpres en pâture aux féroces
Et pactisé avec les anathèmes atroces
Civilisant dans la patience le cœur des maîtres d’arrogance
Humanisant dans le silence l’étincelle flageolante de l’espérance
Toujours, les yeux levés vers de lumineuses présences
J’ai nourri mon corps souffrant de merveilleuses assurances
Supportant dans l’humilité l’injure des damnations et le feu des morsures
Traversant dans l’ingénuité la traîtrise infamante de flagellations et d’obscures blessures
J’ai marché vers l’arborescence des fougères et les grands bois
Et, pénétré au sein du temple où règnent d’autres lois
Mâchant lentement les feuilles vivantes de mondes parallèles
Allant sûrement au crépuscule des histoires humaines devenues soudain dérisoires et frêles
Et j’ai vu,
Oh oui j’ai vu
L’île qui voguait sous des soleils heureux
Une liberté neuve gonflant au vent les chevelures des flèches et des palmes.
L’océan ne roulait plus de vagues assassines et pactisait avec la mer hantée de Caraïbes
Pour tracer une voie vers un pays perdu pour la mémoire des hommes
Il n’y avait plus, sur les corps éthérés, la flamboyance dévoyée des couleurs de la peau
Mais l’humidité moite des émotions perlées et le sel des larmes d’abondance.
Chantal MAIGNAN