Depuis le jour qui nous a vu échouer sur ces plages des Antilles, nous avons, plus que tout autre, tendu vers cet idéal républicain que la France, dans les soubresauts d’une histoire terrifiante, a eu la volonté et le courage de réaliser, et sur le sang de tous les braves, issus de toutes races, nous avons tracé le sillon de notre identité contenue dans trois mots : liberté, égalité, fraternité.

Ces mots nous ont porté vers une allégresse jamais éprouvée : liberté !

Ces mots nous ont donné le frisson de notre grandeur retrouvée : égalité !

Ces mots ont illuminé nos yeux de joies neuves, songeant enfin à l’autre accepté dans sa différence : fraternité !

En 1848, le décret de l’abolition est arrivé, signé d’une Patrie qui imposait la liberté de tous les Français.

Et en 1914, nos pères lui ont rendu, par le sacrifice de leur chair et de leur sang, dans la gloire et dans la mort, un hommage sans égal.

Et en 1940, leurs fils, encore une fois, ont accouru aider cette patrie en danger. Du haut de leur 17ans, ils ont écrit un mot qui résonne encore à nos oreilles : dissidence.

Cet amour de la nation française les rendait-il moins nègres ? L’attachement à la Patrie les rendait-il moins békés ?

Non, plus que jamais, ils unirent dans la détresse et dans l’espoir, dans le froid et la peur, dans la souffrance et les larmes, leur antillanité partagée.

La nation ne divise pas, elle rassemble.

L’identité ne renie pas, elle dévoile.

L’identité nationale française est l’orgueilleuse affirmation de notre générosité universelle : liberté, égalité, fraternité.

Car vous le savez, c’est dans l’amour d’un idéal partagé, que les hommes abolissent leurs différences, c’est au sein d’une identité commune que les hommes confrontent et imposent leur égalité, c’est au sein d’une nation forte que les peuples affirment leur singularité.

Nous avons voulu la liberté ! Nous l’avons eue !

Nous avons voulu l’égalité civique ! Nous l’avons obtenue !

Femmes, nous nous sommes battues pour avoir le droit de vote et nous avons gagné !

Et nous nous battrons encore pour réaliser l’entière égalité républicaine parce que nous voulons écrire ensemble le destin de la France car notre histoire est aussi celle de la France tout comme l’histoire de la France est encore notre histoire parce qu’elle renvoie à une culture universelle qui permet la compréhension de toute l’humanité.

Le moment est venu de commencer une nouvelle page de cette France archipel qui étire son unité jusque dans l’espace de l’outre-mer.

Le moment est venu de choisir celui qui défendra les valeurs incarnées par notre identité.

Et nos valeurs nous les déclinons avec audace :

C’est le travail, l’esprit d’entreprise, la volonté, le courage, le mérite, c’est le goût du succès, le bonheur de la réussite, la satisfaction de la tâche accomplie.

Et notre identité, nous l’affirmons avec fierté :

C’est la générosité, la solidarité, la fraternité, car nous savons, plus que tout autre, le prix de l’humanité, de la vraie progression sociale, qui distingue la barbarie de la civilisation.

Sé pou sa nou choisi Nicolas Sarkozy !

Nous l’avons choisi parce qu’il est le premier d’entre nous, métis culturels, à affirmer fièrement l’honneur d’être Français mais aussi d’interroger la République, sur la vérité de son idéal égalitaire, en voulant être reconnu digne de devenir son président.

Parce qu’il est le premier à revendiquer l’héritage tout entier de la France et à en assumer les pages les plus sombres comme les plus lumineuses. Héritage que l’on ne découpe pas en étiquettes politiques et qui a été légué par de grandes figures d’une histoire qui appartient à tous les Français.

Le premier à dire que l’identité nationale n’est pas un extrémisme et que l’amour de la patrie n’est pas une infamie.

Le premier à affirmer que la force et le rayonnement de la France viennent de la diversité des petites patries qui la composent, et dont il faut préserver la langue et la culture, et dont il faut prendre leçon pour réussir la diversité européenne.

Et nul doute que la Martinique en est un des meilleurs exemples !

Et nous l’avons encore choisi parce qu’il a le courage de dire non à la dégradation de notre société.

Non au découragement, à la facilité, au laisser-aller, au laisser-faire, au à l’impuissance, non au fatalisme et non au « y’a qu’à ! »

Nous l’avons choisi parce que les valeurs qu’il incarne sont celles de la Martinique et que les mots « autorité, ordre, rigueur, travail » n’injurient ni notre dignité ni notre liberté.

E sé pou sa nou dako ép’y !

Nous l’avons choisi parce que le développement économique de notre pays est sa priorité, tout le comme il est notre priorité pour la Martinique.

Nous l’avons enfin choisi parce que l’homme en vérité, par la force de ses convictions, la grandeur de sa vision, son irrépressible cheminement politique, a forcé notre admiration ; parce que le politique en vérité par la sincérité de sa parole et de ses émotions nous a rappelé qu’il n’avait pas cessé d’être un homme.

Et en ré- humanisant la fonction politique, il lui a redonné sa grandeur et sa dignité.

E sé pou sa nou simién’y !

Et c’est pourquoi j’ai choisi d’être à ses côtés dans la grande marche vers la modernité de notre pays et de notre région.

Ainsi c’est dans l’estime que je dis, que nous disons tous aujourd’hui :

Vive Nicolas Sarkozy !

Vive la Martinique !

Vive la République !

Vive la France !