Parler de l’identité nationale ne me fait pas peur.

J’ai bien compris que pour certains c’était un gros mot. J’ai bien compris que parler de l’identité nationale ce n’était pas convenable. J’ai bien compris que c’était un sujet tabou, qu’il était dangereux de s’aventurer sur ce terrain, qu’un homme politique soucieux de sa carrière devait éviter ce sujet.

Mais je ne crois pas à la politique qui ne dit rien, qui ne pense rien, qui préfère se taire plutôt que prendre des risques.

Je veux dire la vérité aux Français, je veux être sincère, je veux être honnête. C’est ma conception de la politique. C’est l’idée que je me fais de la dignité de la fonction présidentielle.

C’est la ligne de conduite que je me suis fixée depuis le début de cette campagne. Je n’en changerai pas.

Rien ni personne ne m’en fera changer.



Je continuerai à parler de l’identité nationale parce que je crois que l’identité nationale pour un peuple c’est quelque chose d’essentiel, et parce que je crois que la France traverse une crise d’identité, que cette crise est grave, que cette crise est profonde, que cette crise est dangereuse. A nous contester le droit de parler de notre identité nous créons les conditions d'une crise identitaire.

Nous ne savons plus qui nous sommes parce que nous n'avons plus le droit de parler de ce que nous sommes.

Je continuerai donc de parler de l’identité nationale parce que c’est un sujet qui concerne tous les Français, parce que je ne veux pas laisser le monopole de la nation à l’extrême-droite, parce que je me fais une haute idée de la France, parce que je n’ai pas honte de mon pays, parce que je n’ai pas honte de ses valeurs, de sa culture, parce que je n'ai pas à m'excuser d'être Français, parce qu’au contraire j’en suis fier, parce que j’aime la France pour ce qu’elle m’a donné en partage, pour ce qu’elle m’a permis de devenir.

Je continuerai à parler de l’immigration en posant le problème de l’identité nationale parce que ce que nous avons de plus précieux à offrir à tous ceux qui veulent vivre en France c’est la fierté d’être Français qui est bien davantage qu’un statut juridique, et parce que le partage de cette identité qui est la nôtre, avec la culture, la langue, les valeurs qui la fondent est la condition de leur intégration réussie.

Comment réussir l'intégration de ceux que nous accueillons si nous ne prenons pas la peine de leur parler du pays où ils veulent vivre ?

Je dis cela parce que la France que j’aime est une France ouverte et accueillante, une France généreuse et fraternelle, et que, pour qu’elle le reste, il ne faut pas que l’immigration soit ressentie comme une menace sur son identité.

La France que j’aime, la France en laquelle je crois, ce n’est pas une France immobile, ce n’est pas une France enfermée dans son passé, prisonnière de son histoire. C’est une France ouverte, ouverte sur les autres, ouverte sur le monde, ouverte sur l’avenir. C’est une France qui évolue. C’est une France qui vit avec son temps. C’est une France à laquelle chacun apporte sa contribution. C’est une France que chaque histoire personnelle, chaque destin particulier contribue à enrichir, à transformer.

La France éternelle, ce n’est pas pour moi la France éternellement identique à elle-même. C’est la France qui ne meurt pas mais qui se métamorphose tous les jours. C’est la France dont le visage change imperceptiblement à chaque fois que parmi les Français apparaît un nouveau visage.

Il faut respecter l'identité de ceux qui viennent mais ceux-ci doivent respecter l'identité du pays qui va devenir leur.

La France éternelle, c’est la France dont l’esprit est plein de tout ce qui dans le monde a apporté quelque chose à l’idée d’humanité.

C’est la France qui accueille avec ferveur, depuis toujours, l’héritage de toutes les civilisations.

Quand je veux défendre l’identité de la France, je veux défendre ces principes avec lesquels nous n’avons jamais transigé et que nous ne négocierons jamais avec personne.

Quand je veux défendre l’identité de la France, je veux défendre ces valeurs sans lesquelles être Français n’a tout simplement plus aucune signification.

A ceux qui veulent venir vivre en France, je veux dire simplement que la France ne commence pas avec eux, qu’elle a déjà une longue histoire, qu’elle a déjà une morale, qu’elle a déjà une culture, qu’il leur faut accepter de les prendre en partage, de recueillir cet héritage, d’en être fier.

La France n’a jamais demandé à personne d’oublier ses origines, son histoire, ses souffrances. Elle demande seulement d’être aimée et respectée.

La France n’a jamais demandé à personne de se renier. Mais à force d’excommunier la nation, à force de dénigrer la France, à force de la mettre en demeure d’expier son histoire, à force de cultiver la repentance et la haine de soi, il devient de plus en plus difficile d’intégrer, de socialiser et même d’éduquer.

Car on cherche rarement à s’intégrer à ce qu’on a appris à détester.

A force d’abaisser la nation on rend l’intégration impossible. A force on laisse le champ libre aux communautés, aux tribus, aux bandes et aux prédateurs de toutes sortes qui cherchent à profiter de la moindre défaillance de l’Etat, de la moindre faille dans la République.

A force d’abaisser la nation c’est la République que l’on abîme, c’est la démocratie que l’on met en péril, c’est la solidarité que l’on détruit.

A force d’abaisser la nation c’est notre capacité à vivre ensemble qui risque d’être remise en cause.

A force de sous-estimer la crise d’identité, à force d’ignorer la perte du sens et des repères et les souffrances qui en sont les conséquences, à force que l’immigré se sente rejeté et que celui qui l’accueille se sente dépossédé de son identité et de plus en plus étranger dans son propre pays, on prépare la haine, non la fraternité.



A force de laisser se désintégrer ce bien commun qu’est la nation, à force de laisser dépérir ce sentiment d’appartenance à une communauté de destin qui est inscrite au plus profond de l’identité nationale, plus personne ne peut plus se parler ni se comprendre. Fatalement le fossé se creuse entre les générations, entre les classes, entre les quartiers. A force de laisser l’identité nationale se dissoudre dans le marché mondial, on prépare l’aplatissement du monde et l’appauvrissement de toute pensée humaine.

Chaque culture se développe en échangeant avec les autres, mais pour échanger il faut avoir quelque chose en propre à échanger.

Pourquoi les bonnes consciences, pourquoi les bien-pensants, pourquoi la gauche n’entendent-ils pas la grande voix de Lévi-Strauss ?

Pourquoi font-ils semblant de ne pas comprendre que le maintien de la diversité dans un monde ouvert exige de la part de chaque culture une forme de résistance ?

Il est incohérent de défendre la diversité culturelle et en même temps de tout céder. De céder sur la langue, de céder sur les valeurs, de céder sur la mémoire.

La nation n’est pas une donnée de la nature. C’est une volonté de vivre et d’agir ensemble, c’est un fait de culture. La nation se désintègre quand la culture qui lui est propre se désagrège.

A l’origine de la crise de l’identité nationale, il y a le renoncement culturel.

Je suis venu vous parler de la culture au sens le plus large du terme.



Je suis venu vous parler de tout ce qui concerne les valeurs, la morale, le rapport aux autres et le rapport à la vie.



Je suis venu vous parler de ce qui donne du sens, des repères, de la compréhension. Je suis venu vous parler de l’éducation.

Je suis venu vous parler de la culture ouvrière parce qu’il y a une façon d’être des ouvriers, un rapport particulier des ouvriers à la vie et au travail.



Je suis venu vous parler de la culture paysanne parce qu’il y a un rapport particulier des paysans au travail, à la terre, au temps.



Je suis venu vous parler de la culture des artisans parce qu’il y a un rapport particulier des artisans avec la perfection du geste, avec la précision de la technique.



Je suis venu vous parler d’une politique de civilisation qui est une politique où l’idée de culture joue un rôle central.

Je crois dans la force créatrice du capitalisme mais je suis convaincu que le capitalisme ne peut pas survivre sans une éthique, sans le respect d’un certain nombre de valeurs spirituelles, de valeurs morales, sans l’humanisme, sans la culture.

Il faut remettre de la culture dans le capitalisme. Il faut rééquilibrer le capitalisme par la culture. Il faut remettre le capitalisme au service d’une certaine idée de l’homme.

Comme la santé, comme l’éducation, la culture ne peut pas être abandonnée à la seule loi du marché. La culture ne peut pas être qu’une marchandise. Elle est trop intimement liée à l’homme, à sa dignité, à sa conscience.

Il faut qu’il y ait quelque chose au-dessus de la marchandise. Il faut qu’il y ait quelque chose au-dessus de l’argent.

A Venise, à Gênes, à Florence, à Amsterdam, à Bruges le capitalisme était au service d’un projet de civilisation, d’une conception de l’homme.

Les travailleurs incarnent un type de civilisation, un type d’homme qui respecte le travail comme une condition de la liberté, qui pense que l’honneur c’est toujours s’efforcer de faire le mieux possible ce qu’on a à faire, que la dignité c’est de ne rien devoir qu’à soi-même et que le premier devoir d’un homme c’est de transmettre ses valeurs à ses enfants.

Aux ouvriers qui ont tant de savoir-faire, aux paysans qui depuis des générations font fructifier leur terre, aux artisans qui n’aiment que ce qui est parfait et dont les secrets se transmettent de génération en génération depuis des siècles, aux ingénieurs qui subissent eux aussi la concurrence des ingénieurs de l’Inde ou de la Chine dix fois moins payés, je me refuse à dire que tout est fini, qu’il n’y a plus de place pour eux, qu’ils doivent disparaître, qu’ils ne servent plus à rien.

Je veux leur dire que rien n’est perdu.

Un métier qui disparaît, un village qui se vide, un bassin industriel qui s’effondre, c’est un drame. Aucune nécessité économique ne justifie que la politique soit indifférente à ce drame et à la souffrance qu’il cause. Nulle impuissance publique n’oblige à accepter sans rien faire ce gâchis humain qu’un petit effort d’imagination, de volonté et de morale suffirait à éviter.

A quoi sert la politique si on ne peut rien faire sur rien ? A quoi sert la politique si la seule loi qui s’impose est celle de la rentabilité à court terme ? A quoi sert la politique si elle se contente d’accompagner une sorte de sélection naturelle qui fait triompher le fort et anéantit le faible, si elle ne donne pas sa chance à chacun ?

Je ne veux pas d’une France sans usine, sans agriculture, sans artisanat. Si les usines partaient tout le reste partirait aussi. La France sans paysan, sans artisan, sans ouvrier serait une France appauvrie moralement, culturellement, économiquement.

Je pense aussi aux employés, aux techniciens, aux ingénieurs, aux cadres, je pense aux infirmières, je pense aux professeurs, aux médecins, à tous ceux qui aiment leur métier, qui en sont fiers. Ils ont ce sens du devoir, ce sens moral, ce courage, qui sont des valeurs auxquelles je crois, qui sont les valeurs autour desquelles les Français doivent se rassembler parce que ce sont les valeurs de la France.




Ce sont les valeurs grâce auxquelles la France peut se redresser, grâce auxquelles elle peut relever les défis de la mondialisation.

Ce sont les valeurs communes de toutes nos cultures. Car toute œuvre demande le goût de l’effort et de la perfection, toute œuvre réussie est le fruit de la perfection, toute œuvre réussie est le fruit d’un dépassement de soi, d’une victoire de la volonté. L’œuvre réussie est toujours une forme d’accomplissement, de récompense du travail.

La culture commune c’est d’abord un socle de valeurs partagées. Dans le monde de la production, comme dans celui de l’école ou celui de l’art, la valeur commune, fondatrice, c’est la valeur du travail.

Il faut réhabiliter la valeur travail.

Il faut réhabiliter l’œuvre comme accomplissement du travail.

Il faut réhabiliter la création comme accomplissement humain.

Il faut récuser la culture de la facilité et du moindre effort.



Il faut récuser la culture de l’assistanat qui est dégradante pour la personne.

Je veux revaloriser le travail, je veux l’augmentation des salaires qui sont trop bas dans notre pays, je veux encourager par tous les moyens la création mais je veux qu’il n’y ait plus d’aides sans contrepartie, plus de droits sans devoirs, plus de revenus d’assistance sans une activité d’intérêt général.

Au cœur d’une culture commune il y a une morale commune, un système de valeurs commun. Cette culture commune du travail, cette morale de l’effort, elle s’inculque dès le plus jeune âge. Elle s’apprend dans la famille. Elle s’apprend à l’école. Je souhaite une école qui place au cœur de ses valeurs le travail, l’effort, le mérite.

Je souhaite une éducation qui fasse redécouvrir aux enfants le plaisir de la connaissance après le long effort de la pensée, qui leur fasse aimer le savoir comme la récompense du travail de l’intelligence.

Je voudrais que tous les enfants, quand ils seront devenus adultes, aient un jour envie d’écrire à leur instituteur : « Merci de m'avoir rendu curieux de ce qui est beau». Nos enfants le pourront-ils encore si nous négligeons l’école ? Si nous les laissons sans valeur et sans repère ? Si nous renonçons à la culture commune qui permet aux hommes de se parler et de se comprendre ? Si nous ne leur enseignons plus la morale, le civisme, la grandeur de la raison ? Si l’enfant qui fait quelque chose de mal n’est pas sanctionné ? Si le maître ne fait pas respecter son autorité tout en respectant dans chaque enfant les possibilités infinies de l’adulte en devenir ?

Malraux avait proposé un jour comme devise à la jeunesse : « Culture et courage ». Je ne vois rien de plus grand, de plus beau.

A condition que nous construisions une école pour faire des adultes et non de grands enfants.

A condition que nous nous posions sans cesse la question non seulement de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants mais aussi à quels enfants nous allons laisser le monde, et donc de nous demander à nous-mêmes quel exemple nous leur donnons, quelles valeurs nous leur transmettons.

A condition que nous ayons le courage de tenir à la jeunesse le langage de la vérité. A condition que nous cessions d’excuser toujours les voyous et de mesurer la gravité d’une faute par l’âge de celui qui la commet.

A condition que nous nous appliquions à nous-mêmes cette morale de la responsabilité que nous voudrions inculquer aux plus jeunes, car la jeunesse a besoin d’exemplarité.

Le courage c’est que les hommes politiques, les fonctionnaires, les juges, les policiers, les patrons, les parents assument leurs responsabilités s’ils veulent que les jeunes comprennent la nécessité d’assumer les leurs.

Le juge qui commet une faute doit être sanctionné, comme les parents qui n’envoient pas leurs enfants à l’école ou qui les laissent brûler des voitures.



Le courage c’est ne jamais laisser impuni le jeune qui commet une faute.

Le courage c’est que la sanction soit rapide et proportionnée à la faute pour que l’enfant ou l’adolescent mesure la gravité de son geste. Il faut être juste mais il faut être sévère. La jeunesse cherche toujours des limites. Il faut les lui montrer. On ne rend pas service à l’enfant en lui passant ses caprices, en lui pardonnant toutes ses fautes. Ce n’est pas parce que l’enfant s’affirme en disant non qu’il faut toujours lui dire oui.

C’est mépriser la jeunesse que de lui laisser croire qu’elle a toujours raison, que tout lui est dû.

On méprise la jeunesse quand on lui excuse tout. Quels éducateurs serons-nous si nous nous laissons aller à ces petites lâchetés ? Si les multirécidivistes n’ont rien à craindre ? Si les mineurs peuvent se livrer aux pires excès sans être punis ? Si les voyous ne peuvent même pas être appelés des voyous ?

« Culture et courage » ? Oui, à la condition que nous soyons nous-mêmes courageux vis-à-vis de nos enfants et à condition que nous soyons capables de remettre la culture au centre de nos politiques, c’est-à-dire de passer d’une politique de gestion à une politique de civilisation. C’est à vrai dire la seule réponse qui soit à la mesure de la crise morale dans laquelle nous sommes plongés.

Contre l’héritage de mai 68, contre le refus de toute autorité, contre le relativisme culturel et moral, contre le nivellement par le bas, contre la dévalorisation des diplômes, contre l’inculture, il n’y a pas d’autre choix que l'excellence. Il n’y a pas d’autre choix qu’une éducation exigeante qui pousse les élèves à se dépasser au lieu de les inciter à la facilité. Il n’y a pas d’autre choix que de restaurer l’autorité du professeur et le respect.

Notre école doit redevenir le creuset d’une culture commune.

Chaque génération invente des formes de pensée, d’art et de culture, des idéaux, des manières de vivre qui lui sont propres. La jeunesse d’aujourd’hui est en train d’inventer les siennes.

C’est la génération d’Internet, du portable et du jeu vidéo.

Mais l’école n’est pas faite pour apprendre aux jeunes à être jeunes.

L’école est là pour leur donner les moyens de penser par eux-mêmes, pour leur apprendre à faire la différence entre Madame Bovary et un bon compte-rendu de fait divers dans un journal, entre Antigone et Harry Potter.



Est-ce trop demander ?



La démocratisation de la culture c’est se donner les moyens de faire comprendre et aimer Sophocle, Shakespeare ou Racine au plus grand nombre.

Ce n’est pas les supprimer des programmes pour qu’un plus grand nombre d’élèves puisse suivre plus facilement.

Ce n’est pas alléger le programme de mathématiques pour faciliter la vie de ceux qui ne veulent faire aucun effort, c’est faire aimer et comprendre les mathématiques même à ceux qu’elles rebutent.

La démocratisation de la culture c’est d’abord qu’un nombre de plus en plus grand de jeunes quitte l’école avec les moyens intellectuels et les qualifications qui leur permettent de trouver leur place dans la société.

C’est qu’un nombre de plus en plus grand de jeunes s’engagent dans la vie avec dans la tête quelques leçons de science et d’humanité qui leur permettent de se comprendre et de comprendre le monde.



C’est qu’un nombre de plus en plus grand de jeunes affrontent l’existence avec l’esprit ouvert pour accueillir toute la beauté du monde et les moyens d’exprimer ce qu’ils éprouvent.

Il faut que le patrimoine soit remis au cœur de la cité et de la société et non tenu en marge, abusivement préservé au nom d’une vision excessivement élitiste de l’art et de la culture.

Dans le patrimoine que nous reçu en héritage, le plus précieux est notre langue. La France c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le Français disait Rivarol ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine.

Le Français c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.



La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique.

L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité.

Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française.

Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France.

Je renforcerai tout à la fois le dispositif de l’action culturelle de la France à l’étranger et l’aide à la création, parce que c’est par la création que le Français rayonne.

Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français la langue de travail soit le Français dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue.

Je me battrai pour que dans les instances européennes et à l’ONU le Français continue d’être employé. Ce sera naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France dans des organisations internationales.

Surtout je me battrai pour que soit généralisé partout en Europe l’enseignement de deux langues étrangères parce que c’est la seule façon efficace pour que l’hégémonie de l’anglais soit battue en brèche.

Mais le patrimoine linguistique de la France, ce n’est pas seulement le Français, c’est aussi l’extraordinaire richesse de ses langues régionales.

Il suffit de se souvenir de l’œuvre immense de Mistral pour prendre conscience de l’appauvrissement que constituerait la disparition de toutes ces langues très anciennes qui ont concouru à la formation de la langue française et qui continuent à vivre en partie en elle.

Je souhaite que leur enseignement soit correctement pris en charge par l’éducation nationale.

Je souhaite que l’on soutienne leur pratique et leur diffusion. Mais je ne veux pas de cette logique de confrontation avec le Français que cherchent à faire prévaloir certains indépendantistes qui veulent en finir avec l’unité française que nous avons mis si longtemps à construire et qui reste le bien le plus précieux mais aussi le plus fragile que nous ayons à léguer à nos enfants.

Si je suis élu, je ne serai pas favorable à la Charte européenne des langues régionales.

Je ne veux pas que demain un juge européen ayant une expérience historique du problème des minorités différente de la nôtre, décide qu’une langue régionale doit être considérée comme langue de la République au même titre que le Français.

Car au-delà de la lettre des textes il y a la dynamique des interprétations et des jurisprudences qui peut aller très loin.

J’ai la conviction qu’en France, terre de liberté, aucune minorité n’est opprimée et qu’il n’est donc pas nécessaire de donner à des juges européens le droit de se prononcer sur un sujet qui est consubstantiel à notre identité nationale et n’a absolument rien à voir avec la construction de l’Europe.

Mais cette attention portée au patrimoine que nous devons être en mesure de léguer à nos enfants comme faisant partie de ce que nous avons de plus précieux à leur transmettre, ne doit pas nous faire oublier que notre culture ne rayonnera pas et même ne survivra pas si elle n’est pas une force de création.

Mais ici aussi il faut parler de la création au sens large car une société est créative dans tous les domaines ou elle ne l’est dans aucun.

L’Etat a son rôle à jouer, pour le meilleur ou pour le plus mauvais, pour tout tirer vers le haut ou vers le bas.

Vers le bas, c’est le conservatisme, l’immobilisme, la frilosité, le malthusianisme, le nivellement.

Vers le haut, c’est la qualité de l’homme, de l’éducation, de la vie, la politique de civilisation. C’est la réforme intellectuelle et morale par l’école, par le civisme, par la revalorisation du travail, C’est la création mise au cœur de la politique.

Nous ne préserverons notre identité, nous ne regagnerons notre prospérité, notre influence dans le monde qu’à proportion de notre force créatrice. Notre avenir est entre les mains des créateurs. C’est l’investissement d’aujourd’hui dans la création et dans l’innovation qui fera la prospérité de demain.



Appuyé sur un patrimoine extraordinaire qui exprime la continuité de la nation, qui est au cœur de son identité, riche d’un fabuleux héritage de pensée, de sensibilité, d’intelligence et de savoir-faire, notre pays a tous les moyens de redevenir l’un des plus créatifs du monde. Au-delà des sciences, des techniques, de la mode, du luxe, nous avons tous les atouts pour explorer de nouveaux secteurs d’excellence où notre culture, notre génie national peuvent faire merveille.



Ce que nous avons fait pour l’aéronautique, l’espace et le nucléaire nous pouvons le faire aussi pour le numérique qui annonce un bouleversement du savoir, l’émergence d’une nouvelle forme d’intelligence collective qui nous obligera tôt ou tard à tout repenser : nos institutions, notre système d’enseignement, nos politiques publiques, notre système juridique. Nous ne devons pas attendre. Fixons-nous comme objectif que la prospective sur la société numérique devienne une priorité nationale et débouche sur une stratégie collective. Je voudrais que nous anticipions au lieu de subir.



Ce que nous faisons pour le cinéma nous pouvons le faire aussi pour l’architecture, l’urbanisme ou le design. Fixons-nous pour objectif d’être dans ces domaines le pays le plus créatif et le plus en avance. A une époque où la technique change toutes les perceptions et toutes les relations, le moment est venu de remettre le temps, l’espace, le paysage, la ville au cœur d’un projet de civilisation. Le temps est venu d’exprimer à travers eux les caractères d’une nouvelle société, de nouveaux rapports sociaux, d’une nouvelle universalité, d’un nouvel humanisme qui restent à inventer.

Ce nouvel humanisme, la France est la mieux placée pour le promouvoir du fait de son histoire, de sa culture, de la place si singulière qu’elle occupe sur la scène du monde. Ce nouvel humanisme s’exprimera dans une nouvelle politique éducative et une nouvelle politique culturelle.

Je veux donner à chaque Français les moyens de réaliser ses projets et tout particulièrement à la jeunesse parce qu’elle porte en elle le monde de demain.



Je vous une propose de construire une société de créateurs et d’entrepreneurs. Je vous propose que chaque université soit dotée d’un dispositif d’aide à la création.

Je vous propose que les projets à buts non lucratifs soient autant soutenus que les projets à buts lucratifs.

Je propose que des écoles de projets soient créées.

Je propose de développer le micro crédit pour financer les micros projets.

Je vous propose des prêts aux jeunes créateurs à taux zéro, parce que l’intérêt c’est le prix du temps, parce qu’un taux zéro c’est un acte de foi dans l’avenir.

Malraux voulait créer partout des Maisons de la culture pour mettre la culture à la portée de chacun. Dans notre époque, où c’est l’intelligence collective qui enfante l’avenir, où c’est le métissage des cultures et des idées, le mélange, le brassage qui est la principale force de création dans tous les domaines, je propose de créer partout des Maisons des créateurs où se retrouveront tous ceux qui aspirent à inventer, à créer, à entreprendre dans tous les domaines, où ils pourront trouver des soutiens, des conseils, des formations, des aides, mais aussi où ils échangeront, où ils croiseront leurs expériences, leurs idées, leurs projets, où ils formeront des projets communs, où ils inventeront ensemble l’avenir.

Derrière la question de l’identité nationale c’est le problème de la transmission de la culture et des valeurs qui est posé.



L’urgence c’est de refaire de la famille, de l’école et des institutions culturelles des lieux de transmission.



L’urgence c’est de faire découvrir et de faire aimer à tous les enfants de France, quelles que soient leurs origines, quelle que soit la couleur de leur peau, quelle que soit leur religion, quel que soit le quartier où ils habitent, ce qui est le plus grand et le plus beau dans l’héritage auquel tous les Français ont droit.

L’urgence c’est que chacun puisse participer d’une sensibilité commune, partager le même amour pour la même beauté, la même admiration pour les mêmes chefs d’œuvre, les mêmes rêves remplis des mêmes figures héroïques et des mêmes espérances.

Mais si la poésie peine à arracher l’homme à la triste réalité de la crise française. Si l’art, si la culture, si la quête de la connaissance et du savoir remplissent si mal aujourd’hui leur rôle de trait d’union entre les Hommes, c’est que la vie est trop dure et trop lourde.

Il faut bien prendre la mesure du danger : l’identité nationale ne résistera pas longtemps à l’effritement de la cohésion sociale.

Pour retrouver la confiance des Français qui ont été si souvent trahis il n’y a pas d’autre moyen que de tenir ses engagements, de dire ce que l’on fera et, ensuite, de le faire.

Si je suis élu je tiendrai les engagements que j’ai pris. Je faciliterai l’accès à la propriété en permettant de déduire les intérêts d’emprunt du revenu imposable.

J’exonérerai de droits de succession le fruit d’une vie de travail que chacun veut légitimement transmettre à ses enfants sans repayer des impôts.

J’exonérerai de charges et d’impôts les heures supplémentaires pour que celui qui veut travailler plus pour gagner plus puisse le faire.

J’instituerai des peines planchers pour les récidivistes.

Je ne permettrai plus que des revenus d’assistance puissent être versés sans aucune activité d’intérêt général en contrepartie.

Je poserai comme conditions au regroupement familial de pouvoir loger sa famille avec les revenus de son travail et non avec ceux de ses allocations, et d’avoir appris à parler le Français avant de venir.

Je le dis.



Je le ferai.

Je ne vous décevrai pas.

Je ne vous trahirai pas.

Vive la République ! Vive la France !