Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale
Par Chantal Maignan le lundi, mars 12 2007, 09:44 - General - Lien permanent
Réponse de Nicolas Sarkozy à ce sujet lors d'un entretien avec le journal du dimanche le 11 mars.
Vous provoquez la polémique avec votre ministère de l’immigration et de l’identité nationale, cela n’a-t-il pas des relents vichystes ?
Je suis stupéfait ! Vichy, ce sont les lois de 1942 qui stipulaient que les juifs ne pouvaient pas accéder à des emplois. Votre comparaison est douteuse. Si le seul fait de parler de l’identité française évoque Vichy, c’est bien qu’il y a une grave crise de l’identité nationale. C’est avec des raisonnements pareils que l’on porte Le Pen au deuxième tour de la présidentielle.
Comprenez-vous que les français ne supportent plus cette pensée unique qui fait que tout devient tabou, même de dire que la France a une identité !
Avez-vous seulement lu Renan qui en a si bien parlé ?
C’est pourtant le seul qui ait approuvé votre proposition!
Parce que vous faites de Le Pen l’alpha et l’omega de la vie politique française! Le Pen n’est pas propriétaire de la nation, ni de l’identité nationale et les socialistes ne sont pas propriétaires de la République.
Je défends une identité française fondée sur un certain nombre de valeurs sur lesquelles je ne transigerai pas: la laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité pour tous les territoires, la promotion sociale, la valorisation du mérite.
Mais pourquoi lier immigration et identité française ?
Parce que la politique de l’immigration, c’est l’identité de la France dans 30 ans.
Ceux qui nous rejoignent doivent la respecter, tout en apportant ce qu’ils sont.
Nous ne voulons pas brader les valeurs de cette identité française. Un pays se construit par vagues successives d’immigration.
Il est cohérent de vouloir rénover l’intégration à la française en rappelant que la France n’est pas seulement une démocratie où seule compte la loi de la majorité, c’est aussi une République avec des principes et des valeurs.
La rupture que je propose, c’est de parler sans tabou. Je suis le candidat qui exprime les idées que pensent et que portent les Français.
Vous êtes accusé d’aller sur les plate-bandes de Jean-Marie Le Pen...
Je suis sans doute l’homme politique qui a le plus débattu avec lui, qui le combat aujourd’hui le plus et qui l’instrumentalise le moins.
Je ne vais pas prendre des leçons d’une gauche qui a utilisé le FN pendant des années pour gagner les élections.
Quant à François Bayrou, il est prêt à introduire la proportionnelle aux législatives et donc prêt à ce qu’il y ait un groupe Front National à l’Assemblée.
Si vous étiez élu, quelles seraient vos priorités ?
Dès l’été, je proposerai une véritable révolution économique: refaire du travail une valeur centrale, encourager les heures supplémentaires avec exonération des cotisations sociales et de l’impôt afin de redonner du pouvoir d’achat aux salariés.
Tout faire pour que les Français deviennent propriétaires de leur logement en permettant de déduire les intérêts d'emprunt du revenu imposable, supprimer les droits sur les donations et les successions pour 95 % des français.
Je modifierai les conditions du regroupement familial: pour faire venir sa famille, il faudra un logement, un travail, mais il faudra aussi apprendre le français avant de venir dans notre pays. Je réformerai également l’ordonnance de 1945 et instituerai des peines-plancher pour les multi-récidivistes.
Enfin, dès juillet, je proposerai une loi sur le service minimum dans les transports publics.
Reviendrez-vous, comme on le dit, à la police de proximité...
La police de proximité mise en oeuvre par M. Jospin a abouti à ce que, pour la première fois dans l’histoire de France, on a dépassé les 4 millions de crimes et délits.
Avec nous la délinquance a baissé de 9,5 %. J’ai changé de stratégie, ce n’est pas pour y revenir.
Quant aux atteintes physiques crapuleuses aux personnes elles ont baissé de 5% alors qu’elles avaient augmenté de plus de 42% entre 1997 et 2002.