Lettre aux femmes de la Martinique,
Par Chantal Maignan le jeudi, mars 8 2007, 11:53 - General - Lien permanent
Ce 8 mars 2007 est une date particulière pour les femmes de la Martinique.
Parce qu’aujourd’hui nous rassemblons nos forces et nos prières pour la tolérance et la paix ; pour que reviennent le dialogue et la confiance entre les hommes et les femmes ; pour que l’amour et l’affection rassemblent les mères et leurs enfants.
Les femmes de ce pays ont tellement donné depuis 1685 :
Elles ont affronté la peur et la souffrance de l’esclavage.
Elles ont affronté la misère et la solitude dans une liberté au goût de pauvreté.
Elles ont affronté le désespoir et la Responsabilité à chaque guerre mondiale, à chaque crise économique, à chaque défaillance de l’homme.
Et elles ont assumé
Elles ont appris à survivre, à construire une vie, à recomposer une famille.
Et elles ont espéré
Elles ont espéré une vie meilleure, une vie plus facile, une vie plus heureuse.
Et elles ont avancé
Elles ont avancé dans le travail, dans l’entreprise, dans la générosité.
Et si parfois elles se sont trompées, si elles ont fait fausse route, si le cœur a souvent parlé avant la raison, elles ont courageusement recommencé.
Mes amies, mes sœurs,
Aujourd’hui, l’histoire nous place une fois de plus devant des choix.
Au delà de nos convictions politiques traditionnelles, nous devons regarder la situation de notre Martinique !
Avons-nous développé ce pays pour que nos enfants trouvent en héritage une île prospère, un environnement préservé, une société libre et fraternelle ?
Qui prendra soin de nos vieux parents ? Qu’allons-nous devenir ? Qu’allons-nous laisser à nos enfants ?
Une fois de plus nous devons agir car le désir d’avenir ne suffit pas, nous le savons.
Il faut une volonté tendue vers la réussite pour que la Martinique renonce à la violence, à la délinquance, à la facilité, au laisser-aller, à l’immobilisme.
Nous devons faire entendre nos voix, unies et solidaires, dans cette société créole où les hommes parlent encore trop à notre place.
Nous voulons des femmes de vérité, déterminées à dénoncer les injustices, résolues à changer les choses.
Moi, je suis née aux marronnages de toute entrave
Et je vais sur des sentiers inconnus, bravant toute peur,
Pour que naisse au monde la parole des femmes
Et j’ai besoin des voix de toutes les femmes du Centre de la Martinique : celles du Lamentin et celles de Fort-de-France.