Tous les dispositifs qui encouragent les gens à ne pas travailler seront supprimés et seront remplacés par ceux qui encouragent l’activité professionnelle.

Une nouvelle liberté, reconnue comme un droit, sera proposée aux Français : travailler plus pour gagner plus plutôt que travailler moins pour gagner moins.

Les entreprises pourront négocier avec leurs salariés le régime des heures supplémentaires ou la transformation de RTT en jours travaillés. Chacun pourra choisir l’âge de son départ à la retraite et arbitrer lui-même entre travailler moins longtemps ou avoir une pension de retraite plus élevée.

Si les salariés sont volontaires, les maires pourront autoriser l’ouverture des commerces le dimanche.

L’Etat, caution pour ceux qui prennent des risques et des initiatives

L’Etat se portera caution en faveur de toute personne qui a un projet professionnel cohérent, mais qui ne parvient pas à accéder au crédit.

Cela pourra concerner un jeune qui veut faire des études supérieures, un artisan qui veut acheter son premier véhicule, un chercheur qui veut déposer un brevet et créer une entreprise innovante…

Un nouveau contrat de travail pour un marché du travail qui fonctionne mieux.

Pour ceux enfin qui voudraient travailler, mais qui sont exclus de l’emploi, un marché du travail qui fonctionne mieux sera créé. ainsi que, en concertation avec les partenaires sociaux, un nouveau contrat de travail, applicable à toute nouvelle embauche ; il sera plus souple pour les entreprises, grâce à des procédures de licenciement moins longues et surtout moins incertaines, plus gratifiant pour les salariés car il sera unique et nécessairement à durée indéterminée.

Ainsi, les entreprises embaucheront plus, plus vite et plus facilement.

Avec ces mesures, l’objectif est de revaloriser le travail et de tendre vers le plein emploi :

Un choc immédiat en faveur des revenus du travail sera créé. Toute heure supplémentaire et toute RTT convertie en temps de travail seront exonérées de charges fiscales et sociales.

Quatre heures de travail supplémentaires, rémunérées 10% de plus (le minimum légal) et exonérées de charges sociales et fiscales, c’est 15% de salaire net en plus immédiatement.

Pour compenser le fait que la grille des rémunérations s’est beaucoup contractée vers le bas au cours des 10 dernières années, les branches qui actualisent la grille de leurs salaires bénéficieront d’allègements de charge tandis que celles-ci seront plafonnées pour les entreprises dont les bénéfices sont excessifs par rapport aux augmentations de salaires consenties aux salariés.

Les conditions d’une augmentation générale des salaires seront créées, avant de recentrer la prime pour l’emploi sur les publics prioritaires.

Les logements d’insertion seront par ailleurs développés afin qu’aucune personne qui travaille ne se trouve sans logement.

Travailler doit protéger et rassembler.

Dans une économie qui va plus vite qu’autrefois, où les entreprises doivent en permanence s’adapter, saisir de nouvelles opportunités, conquérir de nouveaux marchés, le rôle des entreprises est de créer les emplois, celui de la puissance publique est de protéger les personnes.

Les entreprises gagneront de la souplesse grâce au contrat unique, les salariés de la sécurité grâce à l’assurance « salaire et retour à l’emploi ».

A l’heure de la société de la connaissance, l’association du capital et du travail n’a pas pris une ride. Un employeur n’est rien sans ses salariés. Un salarié n’est rien sans son entreprise.

Il faut redonner vie à cette belle idée. La participation constitue un partage du profit au même titre que les dividendes. Il n’est pas normal que, contrairement à eux, elle soit bloquée.

La condition de blocage de la participation sera supprimée au profit d’un déblocage progressif du capital des Français. Cela représente près de 25 milliards d’euros mobilisables en faveur du pouvoir d’achat.

Un dispositif incitatif aux entreprises de moins de 50 salariés pour qu’elles mettent en place, elles aussi, un régime de participation en faveur de leurs salariés sera crée. Celles qui le feront bénéficieront d’un taux réduit d’impôt sur les sociétés.

Parallèlement, les conditions dans lesquelles les dirigeants d’entreprises peuvent bénéficier de « retraites chapeau » ou de « golden parachutes » seront encadrées. Ces avantages doivent rémunérer un risque, pas un statut. Leur excès nuit à l’image que les Français peuvent se faire de l’entreprise.

Quant à l’attribution de stock options aux dirigeants des entreprises, elle devra être couplée à l’ouverture de plans d’actionnariat au bénéfice des salariés.

Il faut redynamiser l’Economie française :

C’est à l’Etat de réunir les leviers du succès en :

1. rendant confiance aux investisseurs par la stabilité des normes, leur simplification et une bonne gestion de l’Etat ;

un taux maximal de prélèvements obligatoires que l’Etat ne pourra plus dépasser sera inscrit dans la Constitution.

2. poursuivant la politique des pôles de compétitivité et d’excellence rurale, tout en limitant l’interventionnisme de l’Etat.

3. réduisant les charges fiscales et sociales qui pèsent sur les entreprises.

La réduction de la dette publique sera notre priorité. Mais, dès que des marges de manœuvre se dégageront, elles seront consacrées en priorité à la baisse des impôts des entreprises, car ce sont elles qui en ont le plus besoin.

Avec trois priorités : la suppression de l’imposition forfaitaire annuelle, parce que c’est un impôt qui pèse sur des entreprises en déficit, la réforme de la taxe professionnelle et le rapprochement du taux de l’impôt sur les sociétés sur la moyenne de l’Union européenne à 15.

4. stoppant enfin l’hémorragie de nos jeunes, de nos chercheurs, de nos ingénieurs qui partent à l’étranger, et en faisant revenir les talents, par la démonstration de notre volonté et de notre capacité à construire un nouvel avenir.

Les PME seront aidées à grandir

C’est une priorité. Nos réserves de croissance, d’emplois, d’innovation, d’exportations se trouvent en effet dans la capacité de notre économie à développer un tissu d’entreprises de taille moyenne et à porter certaines d’entre elles au niveau mondial. Pour cela, nous proposons d’expérimenter pendant deux ans une suspension des seuils. Ceux-ci dissuadent les entreprises d’embaucher. Cette suspension créera des centaines de milliers d’emplois. Une partie des marchés publics et une partie des crédits publics de recherche devront être réservées aux PME.

Tout investissement en fonds propres dans une jeune entreprise sera déductible du revenu imposable. Une stratégie adaptée d’investissement nous permettra de garder la maîtrise de notre tissu régional de PME et de nos PME innovantes.

L’agriculture doit être plus que jamais un atout pour la France

Avec 39,3 milliards d’euros d’exportations et 1,6 millions d’emplois, notre agriculture, notre pêche et notre industrie agro-alimentaire sont un pilier de notre économie.

Les besoins alimentaires au niveau mondial, la nécessité de développer les biocarburants et la biomasse, les perspectives ouvertes par la chimie verte, le rôle des agriculteurs dans l’aménagement du territoire, l’impératif d’indépendance et de sécurité alimentaires de la France et de l’Union européenne font de ce secteur un enjeu stratégique pour l’avenir.

Pour toutes ces raisons, nous défendrons la politique agricole commune – c’est-à-dire le principe des aides aux agriculteurs – auprès de nos partenaires européens et dans les enceintes de l’OMC.

L'installation des agriculteurs sera favorisée pour développer la production agricole durable nécessaire à la demande mondiale croissante.

La recherche agronomique et l’enseignement agricole seront confortés dans un but de diversification vers les nouveaux métiers de l’agriculture et de la ruralité, de progrès écologique et technique, d’ouverture internationale.

Les agriculteurs seront aidés à vivre eux aussi davantage de leur travail, c’est-à-dire du prix de leurs productions (filières de qualité ; usages non alimentaires de l’agriculture ; valorisation des activités non agricoles des exploitants…).

Enfin, il est impératif de donner à l’Outre-mer de vraies chances de succès.

Les conditions d’un véritable développement local et d’un emploi durable seront crées.

Les contraintes qui pèsent sur les économies ultramarines et leur potentiel de croissance seront levées afin de les rendre plus efficaces.

Pour cela, la politique actuelle d’incitation fiscale à l’investissement, en conservant le principe de la défiscalisation, sera poursuivie mais les procédures en seront simplifiées.

Des « zones franches globales d’activités » seront mises en place afin de rendre plus compétitives les entreprises ultramarines des secteurs les plus porteurs et les plus concurrencés.

Une politique volontariste de création de pôles de compétitivité ultramarins sera conduite.

Il faut agir sur les prix et les dépenses contraintes des ménages

Trois leviers seront utilisés pour améliorer la situation

1. La réduction du coût du logement, en poursuivant l’effort très important de l’actuel gouvernement en faveur de la construction de logements, en modulant les aides au logement en fonction des loyers réellement versés par les ménages et en engageant une grande politique d’accès à la propriété ;

2. La réduction du prix des biens de consommation par la poursuite de la réduction des marges arrière et la déconcentration du secteur de la grande distribution ;

3. La réduction du coût de l’énergie par l’incitation aux économies d’énergie et le recours à des sources d’énergie renouvelables et moins chères.

Naturellement, la baisse des prélèvements obligatoires reste un objectif prioritaire pour redonner du pouvoir d’achat, en particulier à ceux qui travaillent.

Elle n’est toutefois envisageable que si nos finances publiques retrouvent l’équilibre nécessaire à la préservation des intérêts des générations futures.

Nicolas Sarkozy