Certes, Alfred Marie-Jeanne est un bon gestionnaire de l’Argent de l’Etat français, levé des impôts des français du continents toutes origines confondues, et de celui de la Région Martinique, apporté par les efforts et les sacrifices personnels des actifs.

Il le gère tellement bien qu’il en renvoie le surplus de ce qui vient du continent vers l’Europe ou la France ou qu’il utilise le nôtre pour la solidarité inter-départementale, notamment dans le cas de la Réunion.

Il gère tellement bien l’Argent de l’Etat qu’il peut le redistribuer ces temps-ci au nom de la continuité territoriale et les agences de voyage peuvent dire : merci la France ! même si les bénéficiaires se contentent de penser : Merci Monsieur Marie-Jeanne !

Il gère tellement bien l’argent de la Région qu’il peut aider les malheureux à payer leurs loyers, leurs dettes, leurs traites par un inépuisable fond d’aide sociale, depuis des petites guérites placées ça et là sur le territoire…

D’ailleurs je note une certaine exaltation des élus de la Région qui confondent allègrement les fonds de la région et la cassette personnelle du MIM. Si bien que le « peuple » a le sentiment d’être redevable de l’immense générosité de M. Marie-Jeanne plutôt que de reconnaître, à leur égard, et de remercier la solidarité nationale de tous les Français : ce qui dans l’idéal républicain s’appelle la fraternité.

Mais quand il n’y aura plus cet argent de l’Etat, quand les derniers entrepreneurs courageux auront déserté un pays trop rigide, comment fonctionnera sur le plan pratique cette indépendance annoncée ? Car l’idéologie ne remplit pas les assiettes vides !

Comment dira-t-on aux Martiniquais qu’il faut désormais s’aligner sur le niveau de vie des pays de la Caraïbe ?

Qu’il faut réapprendre à aimer le travail car l’Etat de la Martinique ne saurait tolérer les paresseux et les irresponsables ?

Qu’il faut réapprendre à servir dans le tourisme avec compétence et sourire pour attirer l’argent du touriste blanc qu’on lui a appris à haïr depuis tant d’années ?

Qu'il faut signer un pacte de paix social et qu'il n'est pas question d'avoir des grèves sauvages ?

Qu'il faut apprendre la flexibilité et la discipline pour servir son pays ?

Mais sans doute la légendaire autorité d’Alfred Marie-Jeanne, que l’on connaît depuis qu’il a débarrassé les bonnes gens et les vieilles dames de Rivière-Pilote de la r… , heu, des mauvais sujets, saura-t-elle mettre au pas les réfractaires à une liberté mesurée à celle de l’ordre et de l’égalité.

Il faut donc maintenant examiner le programme de mise à exécution de l’indépendance en pays Martinique pour choisir en toute lucidité si toutefois le choix est donné aux Martiniquais.