Parlant au nom du PPM, Louis Crusol évoque la question de l’autonomie de façon très claire (Antilla 1236).

Reprenant les propos de Césaire : « L’autonomie, et après ? » il précise que l’autonomie n’est pas une fin en soi ; qu’elle correspond à un choix statutaire qui doit tenir compte des particularités de la Martinique et qu’elle doit émaner de la société elle-même.

Il ajoute encore, se garantissant de Césaire, que l’autonomie n’est pas antinomique de l’appartenance à des instances plus larges, la France, l’Europe voire la Caraïbe.

Il évoque l’idée de fédération qui préside à la construction de pays perçus comme unitaires et conclut : « Ceux qui écrivent un peuple, une nation, un état n’ont rien compris.»

Ce faisant, Louis Crusol invite donc à un débat sur les choix de société qui s’offrent à la Martinique en ces veilles de scrutins présidentiel et législatif en soumettant à notre réflexion cette question : quelle politique et quel projet économique pour la Martinique de demain ?

Sans doute avant de répondre à cette question, faut-il déterminer ce qui caractérise les « particularités » de la Martinique :

- des communautés encore divisées

- des classes sociales crispées

- un tissu économique de production quasi-inexistant

- un chômage endémique

- une classe politique déconsidérée

- une perte des valeurs : autorité, ordre, respect, travail, mérite, dignité…

- une ambivalence culturelle mal assumée : Français et Martiniquais

Je n’aborde pas ici les qualités de notre communauté : nous savons être laudatif et montrer comment nous avons su intégrer le savoir et le savoir-faire occidental.

Je préfère observer ce qui est un frein à nos légitimes aspirations et répondre aux interrogations suivantes :

L’indépendance, et après ?

L’autonomie, et après ?

La régionalisation, et après ?