Quels arguments pour quelle campagne ?
Par Chantal Maignan le lundi, février 26 2007, 16:58 - General - Lien permanent
Le temps est passé où le seul argument de la Droite, présenté à ses adhérents et opposé à ses adversaires, était : Non à l’indépendance ! ; où la seule consigne était de crier dans un porte-voix : Votez Untel !
Le moment est venu de la considération du peuple, de sa formation politique, de son intérêt pour les questions économiques, de son inquiétude sur le devenir de la société, de ses angoisses devant les terribles fléaux de la violence, de la drogue, de l’insécurité.
Nous devons répondre à toutes ces questions avec des arguments clairs, dans un langage simple qui obéisse au principe de vérité.
Qui est notre peuple ? Qui le compose ? Quelle est l’histoire de ce pays ? Quel est son avenir ?
Si nous acceptons de regarder avec franchise les problèmes qui relèvent des sciences humaines, et qui renvoient à la sensibilité de l’individu, à sa sphère émotionnelle, à son histoire propre, nous trouverons les mots justes pour lui exposer notre projet économique et sociétal.
Que veut le Martiniquais d’aujourd’hui ?
Une vie respectable dans la dignité du travail, dans la sécurité de sa maison et de son pays, dans la préservation de son environnement, héritage de ses enfants, dans la réconciliation des communautés pour une vraie fraternité et dans la solidarité envers ceux que la société n’a pas su absorber positivement.
Que doit-on lui proposer ?
1) Un travail, un salaire convenable, un pouvoir d’achat crédible.
2) Un logement sécurisé par la garantie de l’Etat en cas d’accident de la vie, et même l’accession à la propriété s’il le souhaite.
3) Un environnement préservé où il pourra se promener à toute heure sans craindre pour son bien ou sa vie.
4) Des activités de société, dans des associations, où il pourra exercer ses talents et sa générosité.
La Martinique n’a pas perdu l’attachement aux valeurs qui l’ont toujours caractérisée : le goût de l’ordre, le sens de l’autorité, la conscience de la nécessité d’une morale, la formation des jeunes, l’encadrement des personnes en détresses et en difficulté.
Ce que la Martinique a perdu, c’est la confiance dans les politiques qui sont censés préserver ses valeurs, dans les personnalités civiles qui ne manifestent plus leur réprobation devant les manquements de ceux à qui l’on a confié la gestion du pays, dans les entrepreneurs qui ont laissé la place et la parole à ceux qui veulent entraîner le peuple dans l’aventure hasardeuse de l’indépendance sans aucune garantie économique.
Ce que la Martinique attend, c’est que des politiques courageux reprennent le flambeau et proposent au peuple d’autres lumières et d’autres chemins que celles et ceux, opaques et périlleux, d’une gauche trop souvent aveugle à la réalité internationale des pays en volonté de croissance et de développement.
Ce que la Martinique doit savoir, c'est que nous ne sommes pas le nombril du monde et la solidarité européenne ne se fera pas à notre seul avantage.
Il est grand temps de passer à de véritables stratégies de résistances et d’innovation économique, en changeant positivement les mentalités, les habitudes et les pratiques de tous les Martiniquais.