METISSES, Parole d'une femme
Par Chantal Maignan le vendredi, février 23 2007, 01:37 - General - Lien permanent
Sarcasme
J’ai vomi ce matin les méandres d’une histoire trop longtemps remâchée
Et sur les papilles de ma langue gonflée Longtemps le goût suri a persisté Le goût fade et amer des remontées tièdes et écoeurantes de choses ingérées dans l’illusion d’un plaisir immédiat,
Les choses …
La lente progression d’une civilisation qui nous faisait approcher du but.
Lequel ?
La formation d’une conscience claire dégagée de l’histoire et de ses pesanteurs
La certitude d’un destin forgé à la force de nos rêves et de notre volonté La croyance béate d’un peuple enfin se désirant.
J’ai vomi ce matin de longues traînées gluantes d’immondices
Toutes ces couleuvres avalées mêlées à l’imbécillité glauque de mes naïvetés
Les carcasses éventrées aux odeurs de poubelles, le fric sale et puant des ambitions métives Et tous les mensonges proférés aux clartés aveuglantes des saintes cécités
Jeanne, la pucelle, s’était crevé les yeux et faite aux pestilences de corps bien trop semblables. Et sur les bûchers ne brûlaient plus les vanités des offres alléchantes mais les cœurs d’innocence transpercée.
Ces choses …
La lente putréfaction d’un monde à rebours d’objectifs prospères
La décomposition de rêves entrevus aux détours de libertés humées sur les sentes de marronnages
L’effondrement des cathédrales où s’étaient projetés les chants triomphants de notre arrivée en des lieux amarrés au soc ferme de cette terre.
Sur les murs de ma geôle maculée de boue et d’excréments J’ai inscrit la litanie des sarcasmes que mes lèvres fendues ne pouvaient proférer
Et je me suis transpercée la matrice pour que ne naissent plus ici Les enfants sacrifiés aux dieux du désespoir.