La lente progression d’une civilisation qui nous faisait approcher du but.

Lequel ?

La formation d’une conscience claire dégagée de l’histoire et de ses pesanteurs

La certitude d’un destin forgé à la force de nos rêves et de notre volonté La croyance béate d’un peuple enfin se désirant.

J’ai vomi ce matin de longues traînées gluantes d’immondices

Toutes ces couleuvres avalées mêlées à l’imbécillité glauque de mes naïvetés

Les carcasses éventrées aux odeurs de poubelles, le fric sale et puant des ambitions métives Et tous les mensonges proférés aux clartés aveuglantes des saintes cécités

Jeanne, la pucelle, s’était crevé les yeux et faite aux pestilences de corps bien trop semblables. Et sur les bûchers ne brûlaient plus les vanités des offres alléchantes mais les cœurs d’innocence transpercée.

Ces choses …

La lente putréfaction d’un monde à rebours d’objectifs prospères

La décomposition de rêves entrevus aux détours de libertés humées sur les sentes de marronnages

L’effondrement des cathédrales où s’étaient projetés les chants triomphants de notre arrivée en des lieux amarrés au soc ferme de cette terre.

Sur les murs de ma geôle maculée de boue et d’excréments J’ai inscrit la litanie des sarcasmes que mes lèvres fendues ne pouvaient proférer

Et je me suis transpercée la matrice pour que ne naissent plus ici Les enfants sacrifiés aux dieux du désespoir.