Pour moi et aussi au nom de mes cinq enfants à qui ce pays appartient également, tout autant que pour tous les Martiniquais et leurs enfants à qui tous les responsables politiques doivent des comptes, surtout quand ils construisent leur pouvoir avec l’Argent de la Collectivité, fruit de nos efforts et de nos sacrifices.

Et mon bord est une Martinique libre et prospère, équitablement gérée par une assemblée unique, que j’appelle de mes vœux, mais pas sous la forme d’un parti unique, d’une puissance unique et d’une pensée unique qui imposera l’arbitraire d’une voie suicidaire.

Si les valeurs de Solidarité et de fraternité sont de gauche, alors je suis une femme de gauche. Si les valeurs du travail et de sa récompense en terme de qualité de vie, (pouvoir d’achat, logement, sécurité) sont de droite alors je suis une femme de droite.

Mais si ces valeurs républicaines, que je crois universelles, sont partagées par une population qui sait que, sans Economie il ne peut y avoir de Social et que sans moyens financiers, il ne peut y avoir de solidarité, alors je suis de ce parti, l’Union pour un Mouvement Populaire, qui rassemble les citoyens de bon sens guidés par deux exigences : le principe de réalité et le principe de vérité au service de la Martinique !

Voilà pourquoi Daniel Marie-Sainte, vous avez pu confondre mon horreur du colonialisme avec une adhésion à votre « bord » ;

voilà pourquoi de mon message adressé à mon propre pays, et qui condamne vigoureusement « l’inégalité de condition », vous avez encore voulu comprendre que j’étais de votre « bord ».

Mais dans cette habitude de la pensée unique qui régit ce pays, vous avez oublié deux choses qui me situent résolument, et à jamais, aussi bien à l’opposé d’une droite capitaliste, libérale et égoïste que d’une gauche extrémiste, virulente et totalitaire :

1. Mon irréductible refus de la persistance de la « ligne infranchissable des races » qui sépare douloureusement le peuple martiniquais en faisant le lit de la propagande du racisme et du colorisme.

Si cette attitude m’exclut d’une droite traditionnelle : alors je ne suis pas une femme de cette droite-là.

2. Mon irréductible refus du rejet et de l’exclusion d’une partie de la communauté martiniquaise articulée sur le racisme anti-béké, anti-mulâtre, anti-patron, lequel nous enchaîne au passé et nous empêche de trouver d’autres voies de négociation positive.

Si cette attitude m’exclut d’une gauche extrémiste : alors je ne suis pas une femme de cette gauche-là.

Je suis une femme libre de penser, de s’exprimer, de choisir sa voie politique pour le meilleur développement possible de la Martinique.

Le temps est singulièrement venu où, à la figure de la Trinité masculine (De Gaulle, Césaire et Marie-Jeanne) une voix oppose son refus, sa différence et son point de vue !