Les dernières déclarations du MIM, par la voix de Daniel Marie-Sainte, prouvent à l’évidence que les indépendantistes veulent d’abord le changement statutaire avant d’envisager la moindre proposition pour lutter contre le chômage et la précarité en Martinique.

Si telle est l’hypothèse envisagée à terme, je comprends mieux l’engagement de Ségolène Royal à régionaliser les concours de la fonction publique et des collectivités territoriales ; cela qui faisait scandale pour le législateur français fait sens dans le cadre d’une autonomie ou de l’indépendance.

Il suffira de chiffrer l’enveloppe de l’autonomie (avec les moyens du bord d’une France endettée) et les Antillais se débrouilleront pour gérer en responsables l’équilibre socio-économique des populations prêtes à tous les sacrifices au nom de leur dignité.

Dès lors, libre à la France de ne pas reconnaître la validité des concours régionaux et de restreindre la mobilité des personnels recrutés selon un processus spécifique. Mais on peut avoir le beurre et l’argent du beurre !

Quand on sait dans quelles conditions ont été menés les débats participatifs, pour exemple le silence imposé à l’Union des femmes pourtant invitée à prendre part au débat, à la Martinique, on comprend que Ségolène Royal n’ait toujours pas compris que la première préoccupation de l’Outre-mer c’est la lutte contre le chômage et ses dérives, c'est-à-dire le développement de l’entreprise et de l’emploi, première étape de l’émergence d’une communauté responsable, et de la réduction de l’insécurité matérielle et psychologique.

Quand on accepte de considérer que le tourisme est l’un des thèmes majeurs d’un programme de développement économique pour la Martinique, on ne peut faire l’impasse sur la question des 35 heures et de l’aménagement des horaires dans les catégories de métier qui relèvent de l’activité touristique.

Mais la candidate peu courageuse préfère contourner l’obstacle des 35 heures laissant ce fardeau aux partenaires sociaux qui, on le sait, ont le plus grand mal à gérer des situations floues et conflictuelles lorsque que le législateur n’est pas suffisamment clair et cohérent sur ce sujet rendu délicat par la tension entre les nécessités économiques et les intérêts corporatistes et individuels.

Un dossier difficile que Royal laisse à d’autres le soin de gérer afin de pouvoir dénoncer plus tard les « exigences exorbitantes du patronat » !

On expérimente déjà les effets positifs du « Nou ké kasé sà ! » à la Martinique avec la grève du CLUB Med ! Trois semaines de conflit malgré l’influence du MIM sur les syndicats ! Mais à l’évidence, pour le MIM, c’est encore la faute du patron « un mulâtre arrogant ! »

Et nous revoilà repartis dans … le bovarysme de la gauche, qui prétend que cette grève n’a fait aucun mal à la destination touristique du paradis martiniquais ! Mais il est vrai que nous aurons "l'excellence environnementale" et "la biodiversité" à proposer à ... d'éventuels visiteurs !