Au moins un point commun entre les deux candidats à la présidentielle, et il était temps qu’il soit solennellement formulé par Ségolène Royal : la France est endettée jusqu’au cou.

Elle ne peut donc à la fois payer ses dettes et poursuivre un changement révolutionnaire qui prendra en compte les réformes à mener dans les ministères de la justice, de la santé et de la recherche et, dans le même temps, renforcer la solidarité nationale comme la revalorisation du SMIC, le complément financier aux retraites trop basses, l’aide aux jeunes étudiants, l’accompagnement financier au premier emploi, l'amélioration de l'allocation personnalité au logement ... si elle ne met pas en oeuvre une pragmatique économique capable de relancer la consommation et par là-même de dégager de l’emploi.

Soit l’on considère que les propositions des deux candidats aux élections sont des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient ; soit l’on prend la peine d’analyser les stratégies de financement des réformes proposées par les deux parties en question.

Et la solution à l’endettement de la France en donnant un nouveau souffle au pays est bien la question du rapport aux entreprises et à l’argent.

Sans doute est-il temps de donner au mot « richesse » le sens que lui donne l’économie mondiale du XXIe siècle.

Aux Antilles,

Je doute que les prochains smicards de Ségolène Royal, pourvus de leur 1500 euros, puissent se considérer comme à moitié riches !

Je doute que les salariés, qui atteignent les 4000 euros au moment où ils remboursent un emprunt pour leur logement et qu’ils assument les études de leurs enfants tout en pratiquant à l’égard de leurs parents aux retraites insuffisantes une solidarité familiale, trouvent juste d’être considérés comme des riches et d'être lourdement taxés au motif de la solidarité nationale.

Si après avoir fait fuir les vrais riches, l’Etat, sous la férule de Ségolène Royal et de François Hollande, pense maintenant ponctionner les classes moyennes, je me demande dans quelle situation seront nos départements qui n’ont pas entamé un développement économique au service de la majorité et qui ne sont donc pas prêts à renoncer au flux financier permis par les 40% de vie chère.

Mais sans doute le temps du sacrifice économique est-il encore venu pour les Antillais qui placent au dessus de leur intérêt financier, de leur pouvoir d'achat, de leur qualité de vie, la prise en compte par Ségolène Royal de leur désir de revanche historique : l'enseignement de l'histoire de l'esclavage dans toutes les écoles de France !

Reste encore à savoir si l'opinion publique française ne fera pas reculer un si beau projet au nom de l'insupportable excès de repentance... Comme on l'entend déjà ici et là. Et il sera alors temps, pour la présidente française (?) de reculer, privant ainsi les populations d'outre-mer de l'indispensable débat sur les effets de la colonisation, débat nécessaire à la compréhension des cultures et des peuples dans leurs diversités.

Je ne doute pas que l’exemple du sacrifice économique sera donné par les partisans d’une gauche dont je constate qu’ils sont, pour la majeure partie, des fonctionnaires ! Car, "l'excellence environnementale" et la "protection de la biodiversité" ne me paraissent pas être un projet économique dans un pays rétif à toute forme de tourisme !!!

Mais comme l’analyse politique ne saurait se réduire à un mouvement d’humeur, fut-il justifié, je vous propose de passer au crible d’une critique vigilante les propositions de Mme Royal.