Il n’est pas vrai que les lycéens antillais titulaires d’un bac avec mention sont refusés par les écoles préparatoires parce qu’ils sont d'origine modeste.

Il n’est pas vrai que les lycéens antillais titulaires d’un bac avec mention sont refusés par les grandes écoles puisqu’ils y sont admis par concours après la prépa.

Il n’est pas vrai que les lycéens antillais titulaires d’un baccalauréat avec mention sont refusés par les bonnes écoles qui recrutent après le bac.

Il n’est pas vrai d’affirmer que la notion d’égalité des chances pour les Antillais est utopique et mensongère.

Il n’est pas juste, pour les jeunes déjà formés et diplômés, de titrer que le Président de la Région veut former une élite martiniquaise capable de prendre en main l’avenir du pays !

Une fois de plus, la démagogie vient polluer l’analyse objective de l’état de notre société. Une fois de plus, le principe de l’endoctrinement des masses bafoue la vérité que Trotsky pourtant affirmait être le garant de la vertu révolutionnaire prônée par la gauche.

A lire l’Express du 23 au 31 janvier 2007, examinant les conditions d’accès et le palmarès des meilleures prépas et écoles de France, « les filières d’excellence ne sont plus réservées à une élite. Tous les bons élèves peuvent y accéder… Pas d’hypocrisie cependant, les grandes écoles (Centrale, Polytechnique, HEC, Essec, Pont et chaussées ou Normale) recrutent toujours parmi les mêmes prépas, plus souvent situées dans le Ve arrondissement parisiens que dans les cités de banlieue… »).

Ce ne sont donc pas les lycéens antillais de condition modeste qui ont du mal à accéder aux grandes écoles mais tous les lycéens français.

L’Egalité des chances, qui n’est ni utopique ni mensongère, ne peut se faire que par la démocratisation et la multiplication, dans de nombreux lycées de France et d’outre-mer, de classes préparatoires d’excellent niveau.

Il me semble plutôt qu’il faille examiner le dispositif d’aide aux étudiants antillais tels que le prévoient actuellement les collectivités territoriales et le système bancaire pour décider s’il est insuffisant et s’il faut le compléter par des aides complémentaires.

Les bourses scolaires sous condition de ressources parentales, le prêt d’honneur à taux zéro, le prêt bancaire, remboursable quatre ans après son octroi, ne suffisent-ils pas à assurer la prise ne charge des études de nos jeunes ? La prise en charge du billet d’avion par le passeport mobilité est-il suffisant pour assurer la continuité territoriale ?

Si ce n’est pas le cas, alors c’est ce dispositif qu’il faut améliorer et non prétendre vouloir enfin donner une chance aux étudiants défavorisés matériellement comme si rien n’avait été fait jusque-là.

Mais puisque l’on parle ici des étudiants « talentueux et intelligents », vraisemblablement bachelier avec mention, je prône, pour récompenser leur travail, la création d’une bourse de mérite sans condition de ressource parentale, car c’est l’étudiant face à sa responsabilisation personnelle et citoyenne qui doit être salué et encouragé dans les choix moraux et exemplaires qu’il a consentis.

Enfin, je répondrai à ceux qui, à l’évidence mal informés, prétendent que le Président de la Région veut former une élite martiniquaise capable de prendre en main l’avenir de ce pays, qu’il n’est point besoin d’attendre cinq ans ;

que cette élite existe déjà, et qu’elle attend fiévreusement que ce pays fonctionne comme une démocratie politique, économique et sociale pour y revenir exercer ses talents.

Je renvoie donc ceux qui ignorent où en sont les jeunes Martiniquais à interroger les organisateurs de la bourse Alizée pour savoir ce que sont devenus les jeunes bacheliers qui se sont distingués par leur travail et leur mérite, et le CASODOM, à Paris, qui lors de l’organisation de la première édition des Talents de l’outre-mer a reçu 141 dossiers de jeunes plus brillants les uns les autres, qui ont soif de mettre leur compétences au service d’un pays qui ne méprisera plus les entreprises et les patrons.

Il est temps que ce pays cesse de faire passer les idéologies avant le principe de réalité qui exige, pour la survie de notre société, le développement économique ; lequel ne peut se réaliser sans la révocation définitive de la suspicion permanente du chef d’entreprise et l’aversion pour le monde du travail décrété capitaliste et absolument égoïste.

Pour information, je vous reproduis le texte du CASODOM :

Opération Les Talents de l’Outre mer 12 lauréats désignés

Le jury constitué par le Casodom a eu bien du mal à départager les 141 candidatures qui se sont manifestées pour l’Opération des Talents de l’Outre mer, tant de nombreux dossiers étaient d’excellente qualité.

La découverte de parcours aussi méritoires est venue conforter l’association, qui oeuvre pour l’insertion des originaires des départements d’Outre-mer résidant en France métropolitaine, dans l’idée que les compétences des Ultramarins doivent être mieux valorisées et montrées en exemple.

Soutenue par des collectivités, entreprises, institutions mais aussi des dons individuels, cette initiative du Casodom préparée dans sa première phase depuis novembre 2003, continuée en 2004, mais véritablement lancée début 2005, s’adressait principalement à des étudiants de toutes disciplines manuelles ou intellectuelles, en fin de cursus, des jeunes diplômés ou des actifs ayant amélioré leurs potentialités par des efforts méritoires de perfectionnement.

Un prix était également prévu pour un handicapé répondant à ces critères.

L’objectif d’une telle opération était d’indiquer, aux jeunes générations en particulier, que l’origine ou les freins culturels et raciaux ne doivent pas être une barrière, et que les secteurs les plus élevés de la vie économique et sociale peuvent s’ouvrir à l’effort personnel.

C’est ce que démontrent en tous cas les heureux lauréats originaires de Guadeloupe, Guyane, Martinique et la Réunion, qui recevront le 28 novembre prochain lors d’une cérémonie au Conseil économique et Social, leurs chèques de trois mille euros chacun, ainsi que des billets d’avion pour promouvoir cette opération dans leur département d’origine. Un ordinateur portable d’une valeur de 3000 euros figure également parmi les prix.

Le jury a tenu le plus grand compte des avis et recommandations émanant des personnes aptes à les fournir.

Cette opération n’étant pas un concours ni une hiérarchisation de mérites, la liste des candidats est donc présentée par ordre alphabétique:

Beaubrun-Diant Kévin, 28 ans, titulaire d’un Doctorat en Sciences économiques, est particulièrement apprécié par la qualité de ses recherches et vient d’être choisi par l’université de Dauphine comme Maître de conférence.

Coliaux Yohan, 21 ans, vient d’entrer à l’Ecole Polytechnique après être passé par une filière universitaire (Licence de mécanique) où il a été major de sa promotion. Egalement sportif de niveau international en judo. Plusieurs sélections en championnat de France et d’Europe.

Elie-dit-Cosaque Xavier, 26 ans, Ingénieur en Mécanique et Aéronautique après un Mastère à l’Ecole supérieure de l’Aéronautique, SUPAERO Toulouse.



Goto Tania : 27 ans, Ingénieur en génie des matériaux. Une des rares femmes spécialisées dans la recherche sur les matériaux du bâtiment. Prépare un Doctorat en physique et chimie des matériaux qu’elle soutiendra en 2006 à l’Ecole supérieure de Physique et chimie industrielle de Paris.

Gustave Steve, 28 ans. Après avoir commencé à travailler à l’âge de 14 ans comme maçon pour aider sa mère avec 5 enfants à charge, il reprend l’école, prépare un CAP-BEP de Bâtiment gros œuvre, passe un Bac Génie Civil et entreprend en France une formation de technicien collaborateur d’architecte en contrat de qualification. Persévérant, il obtiendra un diplôme d’Etat de dessinateur projeteur délivré par le Conseil de l’Ordre des architectes de l’Île de France. Ayant acquis une large expérience dans différentes sociétés d’ingénierie et sur de prestigieux chantiers architecturaux (musées, théâtre, Opéra, aéroport de Paris, Tour de la Défense), il rêve aujourd’hui de créer sa propre entreprise de conception et développement d’objets de design pour valoriser ses talents de concepteur et son goût pour l’innovation. Il est le créateur d’un prototype de bannette destiné au rangement de documents, le Créobac, qui entrera en fabrication industrielle en 2006.

Hauteville Jean-Michel, 24 ans, jeune diplômé de HEC en Management international après avoir été admis au concours d’entrée au 22è rang sur 2900 candidats. Il a également été président du club d’aviron de son école et a participé à des championnats universitaires. Classé parmi les grands gagnants de la célèbre émission télévisée « Questions pour un champion », il a remporté en 2004 le tournoi spécial grandes écoles où il représentait HEC. Réinvité en 2005 pour la 5000è édition de l’émission opposant les meilleurs gagnants de ces dernières années, il s’est classé 3è.

Heuret Arnauld, 26 ans, doctorant en Sciences de la terre à Montpellier II. Spécialiste de la tectonique des plaques (séismes et éruptions volcaniques), il a produit divers articles scientifiques dans des revues spécialisées, présenté ses recherches dans des congrès internationaux et a participé à une mission océanographique à bord d’un navire scientifique japonais dans l’archipel des Mariannes. Soutient sa thèse en novembre.

Mamie Charlie, 29 ans, designer. Après avoir abandonné ses études secondaires pour se réorienter vers une filière technique, ce fils d’ébéniste parti d’un CAP menuiserie, intègre, à force de travail, une formation menant au BEP puis au Bac Pro Artisanat et métiers d’arts. Il passe ensuite le concours de la prestigieuse Ecole Boulle de Paris où il obtient son diplôme en ébénisterie. Cherchant à étendre ses connaissances et à maîtriser de nouvelles techniques, il prépare seul la très sélective Ecole Nationale supérieure des Arts décoratifs et fera partie des 9 élèves admis en Section Design Mobilier. Diplômé de l’ENSAD (Mention Bien), il a commencé un 3è degré en Recherche et production, et ambitionne de créer son agence de design en mobilier. Il a déjà présenté ses œuvres à divers salons internationaux de mobilier et de design, et en particulier un prototype de meuble à pupitre en forme de Ka. Aujourd’hui encore, ses professeurs de l’ENSAD utilisent le DVD qu’il a réalisé pour présenter ses créations à son diplôme de sortie, afin de le montrer en exemple aux nouvelles promotions des Arts Déco.

Marie-Joseph Mario, 21 ans. Après avoir perdu la vue dans un accident de voiture où ont péri ses parents et ses frères et sœurs, il est pris en charge par une tante qui lui permet de faire sa scolarité à l’Institut national des Jeunes aveugles. Ses dons le poussent à entreprendre des études musicales. Il Prépare le concours d’entrée au Conservatoire de musique et a également entrepris un apprentissage au métier d’accordeur facteur de piano

Octave Nadia, 26 ans, Physicienne médicale en radiothérapie. Malgré les obstacles matériels dus à une origine très modeste, elle entreprend une formation hyper sélective en physique radiologique, pour la manipulation des équipements d’irradiation en milieu hospitalier et dans les centres anticancéreux. Ses excellentes notes dans le peloton de tête de sa promotion, lui permettent de décrocher un stage au Canada, dans le centre régional de cancérologie de Toronto. Après un DEA de physique en Rayonnements et imagerie médicale, elle a passé son diplôme de qualification en Physique radiologique et médicale auprès de l’Institut national des Sciences et techniques nucléaires de Saclay.



Sandot Audrey, 24 ans, Ingénieur du contrôle de la navigation aérienne, diplômée de l’Ecole nationale de l’Aviation civile de Toulouse. Fait actuellement ses stages de qualification à Reims, pour l’exercice du contrôle sans surveillance.

Verdol Frédéric, 29 ans, Ingénieur-Chercheur à EDF, spécialiste de systèmes énergétiques et de gestion de l’environnement. Mastère de l’Ecole des Mines de Paris. Tout en travaillant à mi-temps, il compte présenter en février 2006 l'entrée à Sciences-Po Paris pour entreprendre une formation en management et en relations internationales, afin d’orienter ses compétences vers l’expertise internationale pour des institutions comme la Banque mondiale ou l’Agence internationale de l’Energie. Membre bénévole de l’Association Electriciens sans frontières, il participe également à une mission financée par le Ministère français des Affaires étrangères sur la maîtrise de la demande d’énergie dans la bande de Gaza en Palestine, dans le cadre de la réhabilitation du réseau électrique d’un camp de réfugiés.

Cette Opération des Talents de l’Outre mer a permis de constater que certains jeunes domiens n’hésitent pas à investir des filières innovantes ou réputées difficiles. HEC, ESSEC (6 candidats), Ecoles supérieures de commerce, mais aussi Ecole des Mines, physiciens de haut niveau, ingénieurs, diplômés de l’aéronautique (2 filles ingénieurs du contrôle aérien diplômées de l’ENAC de Toulouse). Les candidatures issues de disciplines techniques et scientifiques sont en effet plus nombreuses que celles de filières classiques (droit, socio, psycho, éducation physique) ou culturelles (arts graphiques, cinéma, arts, théâtre, musique). Deux jeunes filles issues de l’Ecole du Louvres ont fait acte de candidature, dont l’une particulièrement remarquable qui s’est distinguée dans la programmation d’expositions pour de prestigieux musées (Paris, Suède, USA).

Concernant les disciplines manuelles, l’attention du jury a été retenue par le cas de deux jeunes qui, ayant été obligé d’interrompre leur scolarité pour travailler, ont repris des études pour arriver à un haut niveau de technicité grâce à des formations qualifiantes.

A noter enfin que loin de se laisser décourager par un premier échec en prépa, médecine ou pharmacie, dû aux difficultés d’adaptation de leur première année d’étudiant en France, certains de ces brillants lauréats se sont réorientés avec succès vers d’autres filières de pointe.

Quant au jury, il était constitué de 7 membres dont le Président du Casodom ainsi que des professeurs d’université, des chefs d’entreprises, le président d’une école supérieure d’informatique et un médecin.