Deux jours avant le voyage de Ségolène Royal, Jean-Pierre Chevènement avait annoncé que la candidate du parti socialiste s’exprimerait aux Antilles sur les besoins des populations insulaires en termes de développement, d’emploi et de sécurité. Chevènement a détaillé complaisamment les problèmes des ultra-marins qu’il avait ainsi listés.

Seulement, il a dû oublier de glisser à Ségolène Royal la petite fiche qui reprenait ses propositions car la candidate de gauche n’est pas venu au rendez-vous fixé par les télévisions locales, RFO et ATV, décevant les Martiniquais qui attendaient, à défaut de propositions, au moins quelques analyses concrètes d’autant que l’actualité locale était riche d’exemples des difficultés du département : grève dans l’hôtellerie ; procès d’un mineur accusé de coup mortel ; scandales écologiques : incinérateur de Dillon et centrale polluante à Trinité.

Il faut croire que Ségolène Royal est passé sans transition de l’espace du réel à celui de l’imaginaire : il est vrai que Césaire l’avait accueilli en « petite martiniquaise ». Elle a donc préféré le bain de foule des partisans de gauche, les chansons des petites élèves du couvent, les embrassades des gentilles femmes noires qui célébraient sa beauté délicate qui vaut bien un vote, et les plaidoiries enflammées, non pas sur un programme, non pas sur des interrogations pressantes, mais composées de critiques contre Nicolas Sarkozy.