Il n’est donc pas étonnant que je me sois retrouvée dans les propos de Fred Deshayes : un regard lucide sur l’état de notre tissu social et économique ; notre place dans la Caraïbe (il a raison : demain, les investisseurs nègres, antillais francophones, pourront délocaliser leurs entreprises vers des pays voisins plus pauvres qui offrent une fiscalité et des salaires plus attractifs) ; notre identité caribéenne (sur quels critères communs ?) le traitement de l’immigration, dans la souffrance mais dans la raison : comment accueillir tous les Dominicais, tous les Saint-Luciens, leur donner les moyens d’une existence digne : travail, logement, allocations diverses, éducation, accès à la santé et avec quels moyens, quel argent, alors que chez nous le chômage dépasse les 25%, que la crise du logement est criante, que la pauvreté gagne chaque jour du terrain faute d'entreprises et d'emplois.

La Gauche, avec une folie suicidaire, s’imagine que dans l’Europe, qui permet la libre circulation des biens et des personnes, les riches ( à partir de 4000euros !) vont rester passivement en France à attendre de supporter le poids d’une politique égalitariste pénalisante. Ne voit-elle pas, refuse-t-elle de voir, que les Français, et les Martiniquais, et les Guadeloupéens ne travaillent plus assez sans être pourtant plus heureux ? Que l’égalitarisme tue la liberté, l’esprit d’entreprise, l’enthousiasme alors que l’égalité ramène l’espoir, l’envie de progrès et de fraternité !

Nos espaces n’ont plus besoin de paroles inutiles et de discours creux : nous devons revoir notre relation au travail : les patrons ne sont pas tous des exploiteurs et l’Antillais n’a pas pour seule vocation de devenir fonctionnaire. La multiplication des entreprises est une nécessité vitale pour notre pays qui doit aussi se dégager du consumérisme, cette sur-consommation de compensation à toutes les frustrations sociales et affectives.

On le voit, lorsque l’intelligence et la raison dominent les passions, les femmes et les hommes de ce pays peuvent se rassembler autour du même projet : le développement économique de l’île en même temps que la préservation de ses valeurs et de son patrimoine.