La curieuse position du MIM
Par Chantal Maignan le mardi, janvier 16 2007, 12:44 - Point de vue - Lien permanent
Ce matin, Sylvain Bolinois, conseiller régional, répondait aux questions de la presse. Selon ses propres paroles, les dirigeants du MIM attendent que les Français (?) choisissent leur Président de la République pour savoir avec qui ils vont discuter de l'avenir de la Martinique. Ils ne prennent donc position ni pour l'un ni pour l'autre candidat. Est-ce parce qu'ils ont déjà cessé d'être français qu'ils estiment ne pas être concernés par cette élection capitale pour l'avenir de notre pays et de notre département en particulier ?
Il me semblait jusque là que nous étions des citoyens français, libres de nos opinions politiques, et que nous avions toute légitimité à débattre du choix de notre futur Président de la République.
Que nous étions capable de lire des programmes et de choisir, au delà des appartenances à un parti, au delà de nos sensibilités naturelles, celui qui servirait le mieux les intérets de la Martinique, département français souffrant d'un cruel déficit de développement économique et des problèmes liés à la précarité et à la pauvreté : l'insécurité et la violence.
Que les reponsables politiques ont, plus que tout autre, la mission d'éclairer le peuple qui les a élus en présentant objectivement les propositions des uns et des autres candidats à la présidentielle et en faisant valoir leurs arguments ;
Qu'ils ont le devoir d'interroger les candidats sur leurs projet pour notre département ;
De pousser dans ses retranchements la candidate de gauche qui joue le jeu de l'opacité et de la valse hésitation fiscale ;
car l'augmentation de la fiscalité à partir de 4000 euros serait la précipitation dans le chômage d'un nombre appréciable d'emplois de service, (lesquels permettent encore de supporter un environnement économique catastrophique) ; elle marquerait aussi le début de difficultés familiales criantes : l'aide parentale aux étudiants contraints de continuer leurs études dans l'Hexagone ou à l'étranger, faute de structures professionnelles sur place, aux jeunes couples en manque de travail, de logement ...
Mais sans doute ces problèmes des familles ne sont pas pris en compte par le MIM. Seule compte la question du statut, de la souveraineté de l'Etat Martinique, de l'indépendance !
Comment peut-on ne pas être Français et annoncer des candidats pour les législatives. Que de contradictions qui pèsent sur la crédibilité de la politique.
Je ne peux pas m'aligner sur un tel choix politique parce que je ne peux le comprendre.
Oui, plus que tout autre, j'ai la passion de ma liberté et de l'expression de ma diversité ; la vive conscience de ma responsabilité et de mes compétences à choisir ce qui est mieux pour mon département.
Mais pas dans le choix suicidaire de l'indépendance, du repli sur soi, de la vie en vase clos.
Le temps de l'habitation est terminé tout autant que celui du despotisme : Française de la Martinique, je choisis mon Président pour lui présenter les projets de développement durable dont la Martinique a fiévreusement besoin.
Je choisis Nicolas Sarkozy et je somme Ségolène Royal, parce qu'elle est candidate devant tous les Français, de nous répondre clairement lors de son voyage à la Martinique.
Le respect dû à la femme n'efface pas l'exigence due à la politique qui prétend prendre en charge notre destin collectif.