Discrimination positive et parité
Par Chantal Maignan le lundi, janvier 8 2007, 10:26 - Point de vue - Lien permanent
Pendant des dizaines et des dizaines d’années, un système inique a imposé aux Martiniquais une discrimination négative, les abaissant plus bas que terre, les persuadant qu’ils étaient inférieurs, inaptes, incapables, impuissants.
Il les a laissé sur la grève avec un énorme complexe d’infériorité que ceux qui voulaient réussir devaient tenir à distance, à la force de leur volonté ou de leur souffrance, pour tenter de redevenir des hommes, et l’on voudrait aujourd’hui que je refuse le principe de compensation de la « discrimination positive » ?
Pour faire bref, je rappelle que ce sont les efforts conjugués des abolitionnistes, de la Société des Amis des Noirs, de Victor Schoelcher et des Francs-maçons qui ont fait aboutir l'abolition de l'esclavage. Est-ce que cela enlève quelque chose à notre liberté ? Est-ce que cela nous enlève notre dignité ou gâche notre commémoration ?
La discrimination positive relève du même principe : cela n’enlèvera en rien le mérite de ceux qui auront, à leur poste, fait la démonstration de leur compétence ; au contraire cela accélérera la décolonisation des français du continent : ils apprendront ainsi par l’expérimentation le second terme de la république : l’égalité.
Alors peut-être pourra venir le temps de la fraternité.
Pour ce qui est de la parité, il suffit de considérer que l’histoire des femmes, est une histoire de colonisation dans la colonisation. Sous la férule du maître- père, mari, concubin, amant, les femmes ont longtemps renoncé à vérifier leurs aptitudes, leurs talents, leurs possibilités, parfois dans le renoncement accepté par amour, mais trop souvent dans la violence de l’interdit imposé.
La parité est une compensation symbolique et l’invitation au dialogue par une société dominée par les hommes. Je l’accepte comme un effort de progrès dans la relation entre les hommes et les femmes. Mais je ne me sens en rien redevable car il faudra, comme pour la liberté, que je conquiers de haute lutte la reconnaissance et le respect de tous.
Ces deux idées sont particulièrement porteuses pour l’amélioration de la perception de l’outre mer par la France continentale car le succès scolaire croissant des filles les destine de plus en plus à de hautes fonctions.