Il faut bien reconnaître que, dans le programme de Nicolas Sarkozy, il y a un réel effort pour comprendre la situation complexe des ultra-marins et commencer à apporter des réponses adaptées à chaque département ou territoire.

Le temps est révolu en effet que nos régions pâtissent de la méconnaissance des hauts fonctionnaires qui patientent dans un tel ministère en attendant un poste plus prestigieux ; du manque de courage de représentants de l'Etat qui n'ont pour seul objectif que de se faire aimer ou apprécier des populations insulaires sans trouver l'énergie pour fustiger les comportements anti-démocratiques ; et enfin de la méconnaissance de l'histoire et de la culture de ces communautés au point d'en présenter des images folkloriques et doudouistes d'une autre époque.

Lorque Nicolas Sarkozy évoque les trois termes : "éviction", "amalgame" et "abandon", il n'est ni paternaliste, ni compâtissant : il est lucide et responsable en dénonçant une attitude qui s'inscrit encore dans un schéma colonial et avec laquelle il faut rompre au plus vite. Oui, des Français de la Martinique sont victimes de délit de faciès ! Oui, la couleur de leur peau réduit leur citoyenneté et leurs droits dans un Hexagone qui se perçoit encore comme une métropole coloniale ! Et cela est inacceptable. Et nous ne l'acceptons plus.

Alors je dis oui à la discrimination positive jusqu'à ce que l'équilibre soit retrouvé pour installer le respect et l'estime d'une communauté qui a toujours répondu oui à la France quand elle était menacée par l'ennemi.

Je dis oui à la Parité pour que les hommes et les femmes, aussi bien dans l'Hexagone que dans notre Région, contribuent à la construction d'une société plus juste et plus forte, dans le travail et la dignité.

Je dis oui à l'enseignement de toute l'histoire de France ; de toutes les langues de France ; de toutes les cultures de France dans tous les lieux de formation de France.

Je prends acte du premier geste force de Nicolas Sarkozy : honorer celui qui a écrit le "Discours sur le colonialisme" et reconnaître le bien-fondé d'une poétique politique en donnant son nom à un lieu d'ouverture vers l'Ailleurs et d'Arrivée vers l'ici ; le pays Martinique.

Et j'ajoute que la "Maison de l'Outre-mer" ne doit être ni un musée, ni une grande association de bonnes volontés, mais un rassemblement de forces dirigées vers l'efficacité et la réussite : encadrement des jeunes pour la formation d'une élite capable de briguer des postes de haute responsabilité ; gestion pragmatique des cursus de formation professionnelle ; facilitation de l'insertion dans le monde du travail ; suivi psycho-pédagogique des groupes fragiles ; politique de réinsertion par l'exemplarisation des exclus réhabilités ...

Elle doit être un espace ressource avec des tuteurs et des référents disponibles et accessibles par tous les natifs de l'outre-mer en situation de demande d'aide de quelque nature qu'elle soit.

Je gage qu'avec une telle rupture dans le traitement traditionnel de la question de l'outre-mer, et de la Martinique en particulier, les résultats soient de nature à étonner les plus sceptiques.