Outre-mer, libérons l'énergie
Par Chantal Maignan le lundi, janvier 1 2007, 00:02 - Outre Mer - Lien permanent
Le mercredi 12 juillet 2006, Nicolas Sarkozy a présenté sa convention pour l’Outre-mer sous le titre dynamique : « Outre-mer, libérons l’énergie ».
Je vous propose un condensé de ce document dont vous trouverez l’intégralité sur le site de l’UMP.
Outre-mer, libérons l’énergie !
Je veux que le projet pour l’Outre-mer soit une pièce maîtresse du projet pour la France de demain car l’Outre-mer c’est la France de plain-pied dans la mondialisation.
Si la France, 46ème pays par sa superficie, est la deuxième puissance maritime du monde par l’étendue de sa zone économique exclusive, qui fait 11 millions de km carrés, c’est grâce aux territoires d’Outre-mer !
Nos destins sont liés, notre histoire est commune et le désir de « vouloir vivre ensemble » est réel.
Si la France peut, d’une certaine manière, prétendre à un discours universaliste, c’est qu’elle n’est pas enfermée dans son hexagone. De fait, la France des trois océans est présente partout dans le monde et s’est enrichie au fil des siècles de la diversité de ses populations.
L’Outre-mer c’est :
- une certaine « modernité institutionnelle » avec un apprentissage très abouti de décentralisation des pouvoirs, notamment dans les collectivités à statuts particuliers. - une certaine « modernité sociale » avec un multiculturalisme et un syncrétisme religieux dans le respect des valeurs laïques. - une certaine « modernité économique ». - un atout, une fenêtre ouverte sur le monde et, probablement, un potentiel immense pour notre avenir commun.
Mais la situation sur le plan économique et social ne peut être qualifiée de satisfaisante :
Un taux de chômage reste souvent deux à trois fois supérieur à celui du continent. Un niveau de violence élevé. De nombreux conflits sociaux. La question raciale demeure trop souvent structurante dans les rapports sociaux.
Des réponses doivent être apportées :
• Il faut reconnaître et mettre en valeur la spécificité et la diversité de l'Outre-mer français. Cela implique notamment d’admettre qu'il subsiste un décalage inacceptable avec la métropole sur plusieurs plans et que cette réalité objective justifie une approche en termes de « discrimination positive territoriale ». Cette approche doit se démarquer nettement d'une culture de l'assistanat.
• Il faut construire un projet qui prenne prioritairement en compte les questions de sécurité et de développement économique et sortir des éternels débats institutionnels. Ces débats ont, de fait, souvent eu pour effet de masquer les vrais problèmes de nos compatriotes d’Outre-mer dans leur quotidien.
• En matière de développement économique, il faut faire des choix plus clairs et plus courageux en concentrant les efforts sur les secteurs réellement porteurs. Il faut susciter bien davantage l'ouverture à l'environnement régional et lever au maximum les contraintes de toutes sortes pesant encore sur les entreprises afin de créer les conditions d'un développement économique endogène, c’est-à-dire un développement qui serve réellement les populations locales.
Cette approche paraît d'autant plus impérative que le contexte international évolue vers plus de libéralisme et que l’élargissement récent de l’Union européenne à des pays émergents affaiblit la position relative de l’Outre-mer dans la construction européenne.
Le volume des aides directes est, de toute façon, destiné à se réduire. Il faut donc accompagner cette tendance par une approche plus responsable du développement de l’Outre-mer.
Au fond, pour moi, il y a quatre priorités :
1) Garantir la sécurité car c’est la condition première de l’exercice des libertés, y compris celle d’entreprendre.
2) Créer les conditions d’un véritable développement local et d’un emploi durable qui donne de vraies perspectives à notre jeunesse d’Outre-mer.
3) Développer une solidarité qui ne se confonde pas avec de l’assistanat et qui soit au service de l’égalité des chances.
4) Conforter les identités et les cultures diverses au sein d’une République unie.
Je suis convaincu que les différentes identités des territoires de l’Outre-mer ont, plus que jamais, toute leur place au sein d’une République française forte et cohérente. Si je me suis peu exprimé sur les questions institutionnelles, c’est que je pense qu’il ne s’agit pas, aujourd’hui, d’un sujet de préoccupation central des femmes et des hommes d’Outre-mer auxquels je m’adresse. Je reste, néanmoins, ouvert au débat.
Ce que je crois, c’est que l’évolution institutionnelle n’est pas une fin en soi ; elle doit avoir une utilité en termes de développement pour les populations concernées. De plus, il faut être clair dans les choix exprimés car l’attachement à la France ne peut souffrir d’ambiguïté ou de double langage. Soit on est dans la République, soit on ne n’y est pas !
Je suis persuadé que nos compatriotes ne sont plus dupes des discours politiques démagogiques qui, jouant de façon caricaturale de la « corde sensible », en finissent par être ridicules, paternalistes ou vides de portée pratique.
Je veux construire, avec vous, la France d’après, celle que nous laisserons à nos enfants. Je sais que ses bases ne se bâtiront pas sur des renoncements et des petits accommodements. La France du siècle à venir se construira par le travail et dans le respect de la justice.
En restant fidèles à nos valeurs fondamentales mais sans être prisonniers de nos schémas anciens de pensée, nous devons trouver ensemble, pour l’Outre-mer, le chemin de notre destin commun.