Vouloir Agir

Le Blog de Chantal MAIGNAN

lundi, septembre 15 2008

Relever et Organiser l'UMP

Chers amis,

Ne perdons plus de temps à refaire inlassablement des bilans que nous savons désastreux. En deux ans, le parti n’a pas su s’organiser pour devenir un organe efficace et populaire. Les échecs politiques des uns n’ont pas été compensés par les succès politiques des autres. De plus, une ambiance délétère et mortifère s’est développée à l’intérieur du parti, faute d’objectif concret et de plan d’actions. Certains se retrouvent aujourd’hui à être des forces de nuisances plutôt que d’être des forces d’appui et de soutien : UMP contre UMP aux élections.

Les convictions de nos adhérents sont émoussées par une inertie qui paralyse le parti : il est temps de changer d’équipe et de redynamiser le mouvement. L’ancien comité a sans aucun doute fait de son mieux, il a fait ce qu’il pouvait dans la marge de manœuvres qui lui était octroyée et avec les moyens financiers dont il disposait. Mais le constat est là : les adhérents veulent un changement radical et ceux qui n’ont pas renouvelé leur adhésion ont cherché à marquer leur mécontentement face à une fédération sans panache.

Le prochain comité doit montrer la volonté d’une dynamique réelle, d’une capacité à rassembler et à mobiliser. Les compétences sont indispensables : celles de l’organisation, de la disponibilité, de la popularité et de l’engagement sans faille. Nul ne doit être au comité s’il n’a montré, par ses actions, sa volonté de porter ce parti vers l’excellence, dans la réflexion, dans l’engagement, dans l’action. La vie politique est un sacrifice et un son de soi ; elle n’est pas un lieu de faire-valoir ; elle est un inlassable travail au service de l’amélioration de la vie matérielle et morale des citoyens et non pas une instance de pouvoir et d’argent.

Et ce n’est pas en continuant à fonctionner en espace fermé que nous attirerons de nouvelles forces, une jeunesse capable de renforcer nos rangs. La campagne officielle d’adhésion qui sera organisée par le chargé de mission responsable des élections sera l’occasion de voir se dégager ceux et celles qui auront les qualités nécessaires pour occuper les postes de cadres de notre parti. Les candidats à de telles responsabilités devront avoir fait la preuve de leurs inébranlables convictions politiques, de leur capacité de réflexion et d’organisation, car les militants sont là, arme au pied, attendant que viennent des consignes claires et dirigées vers un seul objectif : séduire et convaincre un électorat que l’apathie de la droite a désabusé.

Je demande à tous ceux et toutes celles qui se reconnaissent dans de tels profils de se faire connaître, l’UMP accueille toutes les intelligences, sous toutes leurs formes, car c’est ensemble que tout devient possible, et non pas dans la peur de l’Autre et dans le repli sur soi.

J’ai l’intention de faire des réunions sur l’ensemble des communes et je voudrais pouvoir rencontrer tous ceux et celles qui voudraient travailler pour nos convictions et nos valeurs.

Soyez de plus nos ambassadeurs en envoyant ce message à tous ceux qui vous paraissent avoir la même vision généreuse et solidaire de la politique, même s’ils ne sont pas encore à l’UMP : notre parti libéral social est le seul capable de remettre la Martinique sur le chemin du Progrès. Construisons ensemble ce parti qui est le nôtre en y invitant ce que la Martinique a de meilleur : nos forces vives, nos compétences, notre volonté et notre ambition au service de tous.

Je remercie tous ceux – et ils ont été extrêmement nombreux – qui m’ont répondu et m’ont assuré de leur indéfectible soutien, y compris sur ma position face à Claudine Jean-Théodore.

dimanche, septembre 14 2008

Conviction, dignité, et ... intéret personnel

Quand Claudine Jean-Théodore a pris la décision, malgré l'avis négatif du Secrétaire Général des FMP qu'elle avait consulté, de rallier le camp du maire sortant RDM aux dernières municipales du Robert, elle manifestait publiquement une absence de conviction politique que les événements suivants allaient confirmer.

Après les élections, et devenue Maire-adjoint touchant une belle indemnité, Claudine Jean-Théodore continuait, non pas à siéger dans l'hémicycle près de ses amis de droite, mais à toucher son mandat en contre-partie d'une procuration.

Lors de la venue du Ministre Xavier Bertrand, secrétaire national de l'UMP, les membres du comité de l'UMP ont vu avec ahurissement Claudine Jean-Théodore se présenter à la réunion organisée par le Secrétaire national.

Cet après-midi, à la réunion de circonscription organisée par le délégué de la circonscription du Sud, Maurice Laouchez au Diamant, Claudine Jean-Théodore était présente comme membre du comité UMP.

Les choses sont désormais très claires : voilà une femme politique qui se prétend à la fois FMP à la région, RDM à la mairie, et UMP dans un comité.

Quel signe de rigueur morale et de conviction politique !

Je me souviens avoir entendu notre Président, à l'assemblée générale qui a suivi les élections, affirmer que si Mme Jean -Théodore avait été à l'UMP, il aurait immédiatement demandé son exclusion.

Je demande donc au Président de l'UMP d'appliquer le réglement intérieur de notre fédération et d'aller au bout de sa déclaration publique.

Je rappelle, et je tiens des tracts éloquents à disposition des adhérents, que Claudine Jean-Théodore a fait campagne contre moi, en affirmant que je n'avais pas l'investiture de l'UMP, qui m'a pourtant été donnée par écrit par Yan Monplaisir, et a cautionné des tracts disant que l'UMP était la droite la plus nulle de la Martinique.

Je rappelle que seules 244 voix ont empêché la mise en ballotage du maire sortant et que l'attitude de Claudine Jean-Théodore et ses propos ont déstabilisé l'électorat de droite du Robert.

Je crois qu'il est plus que temps de retrouver la dignité et la fermeté que suppose la responsabilité politique. Les intérets personnels et mercantiles ne sont pas dignes de notre parti.

samedi, septembre 13 2008

Evolution du site

Chers amis,

Vous avez été nombreux à me demander de faire évoluer le site en permettant l'entrée de commentaires.

J'ai le plaisir de vous annoncer que nous pourrons désormais dialoguer sur les sujets que propose l'actualité dans notre pays et particulièrement dans notre région.

Je suis également attentive à vos propositions pour faire de l'UMP Martinique un parti Libéral Social proche de la population et capable de se mobiliser pour redynamiser la Martinique.

Enfin, à mes électeurs du Robert, je reste attentive à la défense de vos intérêts. N'hésitez pas à me contacter.

mercredi, septembre 3 2008

Les relations entre l'UMP et les FMP

Dans une lettre ouverte à Xavier Bertrand publiée dans le France-Antilles de ce jour, le président des FMP a clarifié la position de son groupe par rapport à l'UMP.

Nous avons tous pu noter la volonté de cette association politique de contribuer à la réflexion et à l'action au sein de l'Union.

Nul ne peut nier les faits : à l'époque où le RPR était en net recul, la création des FMP a contribué à maintenir un enthousiasme et une cohérence dans un électorat de droite qui commençait à se démobiliser.

Aux dernière régionales, entre la liste proposée par "Osons oser" et celle portée par FMP, c'est encore, malgré la débâcle et le recul de la droite, sur les candidats FMP que s'est porté le choix de l'électorat se rendant encore aux urnes.

La création de l'UMP n'a pas vocation à supprimer les mouvements existants, et cela n'a jamais été son intention, mais à rassembler toutes les énergies d'une droite libérale et sociale, républicaine et humaniste, dans une dynamique positive.

Les FMP ont donc toute légitimité à continuer leur action au sein de l'Union pour un mouvement populaire dont l'esprit est précisément de rassembler les différentes sensibilités de droite autour d'un projet commun nourri par la réflexion des différents groupes.

Je note donc avec satisfaction le positionnement de FMP et la recherche affichée de l'Unité.

mardi, septembre 2 2008

La rentrée politique d'A2R

Chers amis,

Notre groupe A2R (Agir pour relever le Robert) fera sa rentrée politique le lundi 8 septembre à 18h30 précise à son siège, Maison MAIGNAN, Bourg du Vert-Pré. Nous aborderons la stratégie politique de l'année sur le Robert et les actions à mener sur le terrain.

Nous évoquerons aussi notre rôle dans les prochaines élections internes de l'UMP Martinique.

Enfin nous ferons le point sur nos activités associatives.

Vous êtes tous les bienvenus.

lundi, septembre 1 2008

Les prochaines élections de l'UMP Martinique

Les prochaines élections internes de l'UMP sont l'occasion de faire un bilan de l'action des responsables actuels du Parti.

Un panorama de l'évolution des différents partis n'est pas sans intérêt pour mesurer le recul politique de la droite martiniquaise.

Je suis persuadée qu'un pays qui n'a plus de discours contradictoire entre une droite et une gauche de progrès ne peut avancer, mais qu'au contraire il se réduit peu à peu à une politique réductrice où l'idéal républicain se délite : la liberté se restreint à la puissance incontestée de la pensée unique, l'égalité se métamorphose en égalitarisme oppressant, et la fraternité disparaît sous le masque hideux de l'intolérance à la différence.

Nous devons agir de toutes nos forces pour que la droite martiniquaise, républicaine et humaniste, libérale et sociale, continue à participer à la construction matérielle et morale de notre pays.

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Discours de Xavier Bertrand lors de sa venue à la Martinique (Lamentin le 31 août 2008 )

Je suis venu en Martinique pour vous parler de solidarité nationale. Ministre du Travail et des Relations sociales, je suis aussi Ministre de la Famille et de la Solidarité, et à ce titre je voudrais évoquer avec vous le modèle de solidarité que nous voulons mettre en place dans notre pays.

Il repose sur deux piliers : la vérité et la responsabilité.

Vérité parce que nous devons reconnaître aujourd’hui que notre pays connaît un vieillissement de sa population et que nous devons encore améliorer la prise en charge de nos aînés.

C’est particulièrement important en Guadeloupe et en Martinique, qui seront bientôt parmi les départements français où la population est la plus âgée. Ce vieillissement de la population signifie également qu’un nombre croissant de personnes seront touchées par la dépendance ou les maladies liées au grand âge, comme la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer, c'est plus qu'une maladie, c'est une épreuve qui touche aujourd'hui 850 000 familles. Passé les grands discours, nous voulons agir rapidement pour la création de places d'hébergement, dans le cadre du plan Alzheimer annoncé par le Président de la République en février dernier.

Le deuxième pilier de notre modèle solidaire, c’est la responsabilité.

Parce que nous sommes la dernière génération qui a la possibilité de faire des choix courageux, pour anticiper l’avenir et prévoir la prise en charge des personnes âgées. Savez-vous qu’aujourd’hui la maladie d’Alzheimer n’est pas prise en charge par la sécurité sociale ? Voilà pourquoi il est urgent de mettre en place un 5e risque dépendance.

Des associations comme l’Office des Missions d’Action Sociale et de Santé ont, en ce domaine, une action exemplaire. Depuis 25 ans, l’OMASS œuvre pour le 3e âge, et je salue son action pionnière en ce domaine.

Vous rejoignez ainsi notre volonté de prendre en charge les personnes âgées, en offrant à chacune la solution la plus adaptée à sa situation et à ses attentes.

J’en veux pour preuve le portage de repas à domicile, qui permet de livrer chaque jour 50 personnes, ou le club qui permet de maintenir le lien social et la joie de vivre de personnes âgées parfois isolées.

Plus largement, l’action de cette association résume bien la variété des solutions qu’il faut aujourd’hui proposer aux personnes âgées : je sais que, parallèlement à cet EHPAD, l’association dispose de 39 places de Services de soin à domicile. Cela va précisément dans le sens de ce que nous voulons mettre en œuvre pour le 5e risque.

Nous voulons proposer à chaque personne âgée, chaque fois que cela est possible, le libre choix entre l’accueil en établissement et la possibilité de rester chez soi.

Mais je voudrais également rappeler que la Martinique connaît une situation particulière : les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer sont accueillies dans certains établissements mais il n’y a aucune structure spécialement dédiée aux malades d’Alzheimer.

C’est inacceptable au moment où, au niveau national, nous mettons en place le plan Alzheimer que le Président de la République a annoncé en février dernier. C’est pourquoi je peux vous annoncer que l’Etat soutiendra le projet de création d’une unité Alzheimer dans cet établissement. Plus largement, je sais qu’en Martinique, les attentes sont grandes en matière de prise en charge des personnes âgées, car l’offre de places reste tout à fait insuffisante, dans tous les domaines.

Ainsi, l’offre d’accueil en EHPAD est de 1380 places, ce qui représente un taux d’équipement très inférieur à la moyenne nationale, avec 75,3 pour 1000 personnes + 75 ans, contre 114/1000 au niveau national.

De plus, il n’existe à ce jour aucune place d’accueil de jour ou d’hébergement temporaire. Et les services infirmiers, qu’il s’agisse des SSIAD ou des infirmiers libéraux, sont certes plus développés qu’ailleurs, mais ils ne peuvent suffire à compenser ces manques.

J’ai constaté cette situation sur le terrain, j’ai également entendu les attentes de la population, et je souhaite y répondre.

Ce département a besoin d’un plan de rattrapage, et je suis prêt à débloquer des fonds pour que les Antilles soient une zone prioritaire de l’action de l’Etat. Je vous annonce donc que je souhaite ici lancer un plan de rénovation de l’offre médico-sociale.

Il concernera tout le secteur financé par l’Etat. Aujourd’hui, je suis venu visiter une maison de retraite et je ne vais donc évoquer que le versant personnes âgées de ce plan, mais il s’adressera aussi aux personnes handicapées. La Secrétaire d’Etat à la Solidarité, Valérie LETARD viendra prochainement vous le présenter en détail.

D’ores et déjà, je peux m’engager à ce que d’ici 2012, 200 places par an soient crées pour accueillir des personnes âgées en EHPAD, et notamment pour accueillir des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Je voudrais ensuite insister sur le fait que cet engagement n’est pas seulement financier. Pour que les places financées soient concrètement ouvertes, et rapidement, il faut résoudre certains blocages. Trop souvent, les entrepreneurs potentiels reculent devant l’importance de l’investissement et les procédures administratives trop lourdes.

Je souhaite donc qu’en Martinique, la création de places s’accompagne d’une aide à l’investissement, et que les porteurs de projet bénéficient d’un soutien administratif et financier, pour lequel la CNSA débloquera 3 millions d’euros sur 5 ans.

Au-delà de l’aide à l’investissement, je m’engage à simplifier les procédures pour la création de structures. Il faut que l’Etat appelle les projets et les accompagne, avec les autorités territoriales, pour qu’on ne voit plus, comme maintenant, des projets qui mettent 3 ans, 6 ans parfois même, avant d’aboutir.

Cet objectif sera l’un des axes de la réflexion sur la mise en place du 5e risque que nous menons actuellement avec la Secrétaire d’Etat à la Solidarité, Valérie LETARD.

Enfin, pour que ces places soient effectivement accessibles à ceux qui en ont besoin, je souhaite que nous puissions diminuer le reste à charge pour les personnes accueillies en établissement et leurs familles.

Qui peut aujourd’hui se permettre de payer 2000 euros par mois de reste à charge pour l’un de ses parents, et parfois pour chacun des deux ?

Si nous voulons que chacun ait le libre choix de rester à domicile ou d’être accueilli en établissement, voilà le genre de question que nous devons résoudre sans attendre.

Ce projet de rénovation de l’offre médico-sociale a des implications profondes pour l’ensemble de la société, parce qu’il faut aujourd’hui penser ensemble toutes les générations, dans une dynamique solidaire.

Pour répondre aux besoins des personnes âgées, il faut créer des postes et recruter du personnel : c’est pourquoi avec Valérie LETARD nous avons mis en œuvre un plan des métiers.

Créer des postes, cela permet d’offrir aux personnes âgées une meilleure qualité de soin, mais cela permet également de développer l’emploi des jeunes.

En Martinique, je peux déjà vous annoncer que l’Etat participera à la dotation du fond de roulement de l’IFMES. Sur ce sujet, nous travaillerons avec le conseil régional pour fixer le montant de cette dotation.

Soyez assurés que je suivrai de près ce grand chantier qui nous attend. Je reviendrai dès l’an prochain constater avec vous sur le terrain les progrès de sa mise en œuvre.

samedi, août 30 2008

Ce que je crois.

Je suis une passionnée et j’aime par-dessus tout concevoir, construire et créer. Aucune vie d’ailleurs ne peut s’envisager sans projets. Projeter, c’est rêver, puis nourrir ses rêves par l’action et la réalisation, et enfin contempler l’œuvre achevée.

C’est pourquoi l’existence, personnelle et intime, ou collective et sociale doit se déployer avec un objet et, en ligne de mire, un but. La politique fait partie de ce projet car elle permet de savoir ce que l’on est en mesure d’apporter aux autres comme engagement, comme compétences et comme valeurs.

En effet, aucune idéologie ne doit entraver l’intérêt supérieur du p ays ; aucun discours politique ne doit avilir l’humain ; aucune ambition personnelle ne doit passer avant l’espoir du peuple.

Ces convictions fermes nourrissent mon investissement politique à l’UMP qui est le parti libéral-social que je souhaite dynamiser en Martinique car il est le seul capable de répondre à notre double aspiration ; nous qui attendons avec une impatience inquiète le développement économique en mesure de sortir le pays du marasme actuel et de préserver les acquis sociaux.

Notre attitude à l’UMP Martinique ? La détermination à être les acteurs de notre développement en refusant désormais que des responsables, administratifs ou politiques, stagnent dans des postes pour lesquels ils ne sont pas compétents. Partenaires du gouvernement, nous en sommes aussi des critiques avisés et une force de propositions réelles pour le bien de notre région.

Nous devons moralement exiger une « loi opposable à l’échec » dans les missions confiées aux collectivités locales et financées par nos sacrifices financiers. Nous avons moralement une obligation d’évaluation et de critique. La dureté des temps en fait encore davantage une impérieuse nécessité.

Le développement économique ne peut être le fait d’amateurs car il suppose une vision globale et une acuité en affaire que ne garantit pas le suffrage universel.

Le temps est venu de donner toutes leurs places à ceux d’entre nous qui ont le sens des affaires, les compétences et l’autorité pour mener à bien un plan de redressement de notre économie qui relève aujourd’hui du salut public. Le temps est venu de concrétiser le potentiel dont nous sommes désormais porteurs en balayant tous les obstacles qui voudraient se dresser entre notre désir et notre volonté.

Et dans le même mouvement où nous nous ouvrons au commerce du monde moderne, seul capable de mettre fin à l’économie de comptoir et à la société de consommation à laquelle nous avons été réduits par le manque de volonté politique d’une gauche idéologique, nous devons, avec une inébranlable fermeté, renforcer la transmission de notre culture, sans l’enfermer et la figer dans le passé mais en y incluant toute la créativité des jeunes d’aujourd’hui : Césaire se vit et se dit aussi bien dans le « bélia » que dans le « slam » et les Martiniquais ne sont pas des Jamaïcains.

Il y a urgence à reconnaître ce que nous sommes : des caribéens francophones pétris de glaise africaine et de culture française et nos langues entremêlent le français et le créole avec le bonheur de l’inventivité qui nous caractérise.

Il y a urgence à devenir ce que nous condamnés à être si nous ne voulons pas périr : un peuple qui réussit, à dire, à faire, à être.

Il n’y a pas de déshonneur à affirmer que nous ne voulons rien d’autre que les valeurs de la République : Liberté, égalité, fraternité.

Il n’y a pas d’esclavage à se réaliser dans la République française et dans l’Espace européen, non plus perçus comme aliénants : étrangers, colonisateurs et paternalistes mais comme des frères, alliés et partenaires des Etres libres que nous sommes à tout jamais.

mardi, août 26 2008

Tristes olympiades et amertume martiniquaise.

Les lumières se sont éteintes sur la ville de Pékin, et Beijing s’endort la tête pleine de rêves étincelant d’étoiles d’or.

Le coq gaulois s’égosille encore une dernière fois ; il a raté de peu la déconfiture et l’immense solitude des vaincus. Et les quarante médailles d’une France peu sportive ne doivent pas masquer l’immense désillusion de ceux qui ne furent pas au rendez-vous. Où sont passé les Antillais ? Pourquoi n’ont-ils pas participé au banquet des Caraïbes glorieuses présidé de manière époustouflante par une Jamaïque triomphante ? Qui a fait vibrer la Martinique ? Combien furent nos héros ? Pourtant nous avions eu nos jeux, olympiades ouvertes et refermées par notre Président de Région au sourire éclatant de satisfaction. Nous avons eu nos trois glorieuses et plus encore… Et des promesses d’avenir encore plus rutilant.

Mais où furent les exploits ? Qu’avions-nous à montrer au monde rassemblé en Chine ? Le résultat de quelle politique, de quels engagements, de quels efforts, de quelle ambition ?

Car à l’évidence, le recul de nos athlètes est intimement lié à notre immobilisme, à notre manque d’ambition pour nos jeunes et à notre indifférence pour les plus talentueux d’entre nous, et ceci, dans tous les domaines.

Quelles spécieuses explications viendront justifier l’effondrement d’un athlétisme jadis impérial qui faisait planer une nation entière et plus encore une île gonflée de fierté. Quels arguments évoquer pour trouver les raisons de ne pas faire, de ne rien faire, d’attendre que l’on fasse pour nous et de dire, en fin de compte, que l’on ne fait rien pour nous.

Attendre encore et encore de l’Etat français qu’il mette en place pour nous une politique sportive et des infrastructures à la hauteur de nos talents et de nos ambitions.

Et voilà le résultat d’une crispation récurrente sur la question du statut et de l’évolution institutionnelle : une politique indifférente à tous les autres domaines qui pourtant témoignent de la vitalité et du potentiel de la Martinique ; une vision médiocre nourrissant une gestion sans panache qui laisse se développer une société individualiste, sans rêve, sans espoir, sans ambition.

Pendant que la Chine, toute à gauche et insouciante des droits de l’homme, se construit dans l’élévation et la recherche de la perfection, la Martinique, toute à gauche et farouchement attachée au respect des droits de l’homme, se déconstruit dans l’absence de rêve, de projet et d’objectif.

Ce que nous avons de meilleur s’éparpille au quatre coins du monde, dans l’anonymat le plus absurde, quand nous cherchons encore des héros et des figures représentatives de ce que nous faisons de mieux.

Ce que nous sommes, nos talents et nos qualités, ne sont portés en rien par la présentation publique de nos exploits et de nos productions. Au point que nous avons appris au peuple à haïr la réussite et le talent, et à mépriser l’effort et le sacrifice. La discipline est désormais perçue comme un avilissement plutôt que comme une victoire de la volonté sur le désir immédiat.

Nous avons tourné le dos au monde, à la construction du monde avec nous et grâce à nous, pour envisager nos existences dans le seul espace de l’île réduite aux divisions internes dévastatrices, et l’étranger pour nous est notre propre voisin, pourtant aussi Martiniquais que nous. Et avec ça, nous prétendons construire une nation ! Et de la sorte nous affichons crânement que nous sommes un peuple !

Tout s’effondre sous nos yeux : les valeurs morales, le savoir-faire des artisans, le niveau intellectuel, le tourisme, le sport, mais nous restons, passives victimes consentantes, englués dans la crise occidentale du XXIe siècle tout en prétendant que nous sommes différents et que nous avons beaucoup à proposer au monde.

L’échec de nos athlètes qui disparaissent progressivement de la scène publique en s’éloignant de l’excellence n’est rien d’autre que l’image consternante d’une Martinique qui renvoie constamment à plus tard l’affrontement avec elle-même : sa capacité à construire son présent en acceptant les défis économiques et sociaux qui lui sont imposés par le mouvement même du monde.

Sans doute l’exploit le plus éclatant serait déjà de faire renaître une conscience morale et citoyenne à un peuple en désir d’être, en le faisant pleinement participer à sa construction, en lui donnant l’envie de croire de nouveau qu’un Martiniquais aussi peut avoir un rêve, que la foi et les valeurs religieuses ne sont pas incompatibles avec l’honnêteté politique ou la réussite sociale méritée ; que le travail construit l’homme et lui redonne sa dignité ; que le triomphe peut être collectif.

Mais assurément je réserverais la médaille d’or aux politiques à qui resterait une conscience et qui, descendants d’esclaves et de serfs, enfants de la République, n’oublieraient jamais que le droit de vote est une liberté et un honneur, que nul ne peut mépriser, contraindre ou acheter … A ceux qui décident de croire que la confiance et l’adhésion du peuple se gagne autrement : dans le travail, la compétence, l’engagement, la volonté, la réussite … pour soi, pour tous, pour un peuple, pour une nation, … et pour l’honneur aussi !

vendredi, juillet 18 2008

Cartes sur table !

Allons, le rideau est levé et la pièce s’écrit dans l’exaltation d’une « improvisation » savamment orchestrée : le MIM et le MEDEF, main dans la main, saluent le bon peuple martiniquais et votent, ensemble, parce que « ensemble, tout est possible » le rejet de la loi d’orientation pour l’outre-mer (LOPOM).

« Les sodomies monstrueuses de l’HOSTIE et du victimaire » écrivait Césaire en d’autres temps … Un ange passe, les yeux voilés.

Et dans le cortège des noces nouvelles de ces deux puissants « ennemis » (?) réconciliés pour des intérêts différents mais un objectif commun : la défaite de la France « coloniale », bafouant la liberté et la dignité des uns, et celle de la République égalitaire, s’interférant dans les projections économiques et financières des autres privilégiés, se rangent dociles les invités passifs et muets.

Et le peuple sur les trottoirs, ahuri devant la démonstration de « puissance » des petites Antilles françaises, Martinique et Guadeloupe enfin retrouvées, continue de s’interroger tandis que l’on joue son destin dans un bras de fer politicien : Mé la lopom sé ki sa ?

Parce que Ti Sonson a beau ouvrir ses oreilles et changer fébrilement de station radio, les journalistes, tout comme ceux que l’on interroge, restent bien vagues sur le fond. Madame Antoinise a beau chercher dans les nombreux articles ou compte-rendu d’interview complaisamment accordés aux divers magazines et autres quotidiens, rien ne vient apaiser sa soif de savoir et de comprendre ce qui met ainsi la Martinique – et la Guadeloupe venue en avion privé spécialement affrété – en émoi révolutionnaire.

Car personne ne semble capable d’expliquer en termes simples ce qui est en jeu dans les propositions de la loi rédigée par la France après amples consultations des élus et des socio-professionnels antillais.

Et se pose la légitime question : connaissent-ils eux-mêmes un texte qu’ils ont travaillé, retravaillé, amendé, corrigé, après moultes discussions ? Pas moins de 8 réunions à la Préfecture ! On en revient aux SMDE et à l’Agenda 21 : des écrits confidentiels qui ne sont connus que de leurs seuls rédacteurs. Sinon, pourquoi se déjugent-ils ?

Et on entraine le peuple dans des errements politiques et des alliances inédites en estimant que la confiance doit régner, imposée par l’autorité sans partage du chef. Et même lorsque la raison cherche à rappeler que la puissance du Président de la Région lui vient du budget alloué par l’Etat français et par nos propres contributions via les impôts directs et indirects, que cette puissance est aléatoire, et devient nulle si l’Etat français décide de jouer autrement la partie politique, l’on se met à rêver, travaillé par la pensée d’une Révolution historique : Nap suposé Matnik ginyin la Fwans ?

Sans doute faut-il s’extirper de cette exaltation d’un rendez-vous historique raté et rejoué sans cesse dans des avatars de plus en plus pitoyables, revenir sur terre et répondre à la question que se pose aujourd’hui chaque citoyen martiniquais : que propose cette fameuse Lopom ? On parle bien sur de sa dernière version, celle de juin, et que ne connait pratiquement aucun des élus politiques qui ont voté néanmoins son rejet.

Puis, il faudra ensuite expliquer les raisons du refus de la Région. Encore faudra-t-il que le Président accepte de justifier sa décision !

Puis entendre les motivations du MEDEF et de Celui qui croit pouvoir lui dicter sa conduite.

Mais pourquoi diable le MIM a-t-il dénoncé les effets pervers de la défiscalisation en usant du terme génocide pour conspuer aujourd’hui un texte qui vise à les juguler ?

Puis sans doute le micro pourra-t-il être tendu aux différentes chambres consulaires qui exposeront leurs motifs et considérations.

Car « chat en sak » c’est démodé : les Martiniquais ont le droit d’être informés et personne ne peut décider à la place du peuple ce qui est bon pour l’avenir et le développement de la Martinique : ni les englués de l’idéologie séparatiste, ni les affamés des aubaines économiques. Et notre peuple doit-il passer du maître esclavagiste au gourou idéologique trouvant appui sur le capitalisme égoïste pour servir sa cause ? Vous avez cru que l’indépendance, c’était du pipeau ? Sans doute !

Nous préférons expérimenter un neo-colonialisme à l’inverse. La Fwans : jounou en tè ! Elève Jégo : zéro pointé pour la mauvaise copie malgré toutes les bonnes idées que nous vous avons proposées ! Peut mieux faire ! tancent les plus généreux, le doigt pointé.

Macaquerie dans la mascarade !

Mais nous sommes en plein dans la phase finale de la magistrale leçon de politique d’Alfred Marie-Jeanne. L’Histoire le classera au rang de nos héros révolutionnaires. Vive Delgrèèèèès !

Et nous savons si bien nous lamenter …

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