Dans un communiqué, Louis-Joseph Manscour a annoncé la création d’un comité de soutien à Ségolène Royal et appelle « à se mobiliser pour l’élection de Ségolène Royal ».
Je prends note que la gauche martiniquaise a, sans condition, accepté de se rallier au panache blanc de Ségolène Royal malgré la passivité, voire la lâcheté, de la candidate socialiste à refuser de sanctionner fermement Georges Frêche qui a tenu des propos scandaleux sur la sous-humanité des Harkis et la présence « visible » de trop de joueurs noirs dans l’équipe de France.
Même les élus du parti socialiste s’émeuvent de l’attitude de Ségolène Royal. Dans le France-Antilles du mardi 16 janvier, le lecteur a pu lire la réaction indignée de Janine Maurice-Bellay, conseillère régionale socialiste d’Ile-de-France.
Dans un courrier qui ne manque ni d’humour, ni de finesse, elle dénonce : « après les congés payés, le congé maternité, les congés pour RTT, le congé paternité, voilà que nous sommes en passe de se voir créer le congé temporaire du parti socialiste pour liberté d’expression personnalisée : le congé PSLEP ».
Elle fustige l’attitude haineuse de Frêche qui en réalité s’est mis en PSLEP : congé « Pour sauver l’élection présidentielle ».
Elle démasque la tolérance totale de Royal et sa « présidentielle attitude ». Pourtant la candidate sait sanctionner : le limogeage momentané de son porte-parole qui a attenté à la dignité de Hollande en est la preuve.
C’est donc qu’elle a vendu la dignité des harkis et des nègres contre un plat de votes apportés par Frêche !
Dans la foulée, la Guadeloupe qui ne transige pas avec l’honneur des siens, et de tous les hommes méprisés par l’arrogance de certains occidentaux blancs et racistes, a exigé le report du voyage de la candidate tant que sa position n’aura pas été claire et définitive.
La gauche martiniquaise entraîne dans ses dérives l’emblème la plus représentative de la Martinique, l’homme qui a, le premier, exigé le droit à la dignité et au respect, celui qui a rédigé le « discours sur le colonialisme », qui a écrit « une tempête » et exhorté à la résistance à toutes les injustices et tous les impérialismes, l’immense poète Aimé Césaire. Aucune idéologie, aucun calcul politique ne demande une telle contradiction que beaucoup d’Antillais vont vivre comme une trahison.